Les rues de Manhattan bruissent déjà du jazz qui s’échappe des clubs enfumés. Harold Ross, visionnaire obstiné, lance une revue qui ne ressemble à aucune autre. Son idée : mêler information, art et fiction pour offrir un reflet en mots et en images de la vie new-yorkaise. Très vite, le New Yorker devient le compagnon des flâneurs, des rêveurs, des lecteurs qui aiment autant les mots que les dessins. Katherine S. White, pionnière, y insuffle poésie et voix féminines, ouvrant les pages à une diversité qui fera l’identité du magazine.


Le New Yorker n’a jamais été neutre. Dans ses colonnes, on entend le grondement des débats, les cris des minorités, les luttes pour la dignité. Après la Seconde Guerre mondiale, il publie le poème « Song » de W.H. Auden, écho bouleversant à l’exil et à la déshumanisation. Plus tard, ses couvertures deviennent des manifestes visuels comme « Dites leurs noms », hommage aux victimes de violences raciales après la mort de George Floyd. Dans les rues de Brooklyn, on voyait cette couverture affichée sur les vitrines, comme un cri silencieux, mais puissant.
Pour son centenaire, le magazine offre une vidéo immersive, « Everything, Covered », où près de 700 couvertures défilent au rythme de la Rhapsody in Blue de Gershwin. On y retrouve les couleurs de Kadir Nelson, les traits de David Hockney, les audaces d’Art Spiegelman. C’est un kaléidoscope qui ressemble à New York elle-même, bruyante, éclatée, vibrante. Les images s’enchaînent comme les lumières de Broadway, comme les taxis jaunes qui filent sur la 5ᵉ Avenue.

Le 5 décembre 2025, Netflix diffusera « Le Centenaire du New Yorker ». Pendant 96 minutes, on entre dans les coulisses du magazine, entre bureaux feutrés et archives poussiéreuses. On entend les voix des rédacteurs, on voit les illustrateurs au travail, on sent l’odeur du café qui accompagne les nuits blanches de la rédaction. Le film est une immersion dans l’exigence journalistique et la passion littéraire qui ont façonné la culture américaine.
Le New Yorker n’est pas seulement un magazine. C’est une institution qui a traversé les époques sans perdre son identité. Ses couvertures, sa typographie, son ton ironique et sa rigueur en font un compagnon de route pour des générations de lecteurs. 100 ans après sa naissance, il continue d’éclairer le monde avec élégance et esprit critique. Lire le New Yorker, c’est marcher dans New York, sentir l’odeur des hot-dogs, entendre le jazz de Harlem, voir les lumières de Times Square. C’est entrer dans une ville qui ne dort jamais, et dans un magazine qui, lui aussi, reste éveillé.

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