RUNNING MARATHON DE CHICAGO 2025 : Chicago, là où les étoiles naissent

RUNNING MARATHON DE CHICAGO 2025 : Chicago, là où les étoiles naissent

Ils étaient attendus, ils ont explosé. D’autres, plus discrets, ont émergé. Ce 12 octobre 2025, dans les rues vibrantes de Chicago, le marathon n’a pas seulement sacré des champions : il a révélé des destins. Jacob Kiplimo, Hawi Feysa, Conner Mantz… Trois trajectoires, trois récits de dépassement, et une ville qui, une fois encore, a prouvé qu’elle savait faire naître les étoiles. Par Khalad
Photos : Chicago Marathon/Kbsp/Ophelia Butin/DR

Le jour où Jacob Kiplimo a pris feu

Il avait la foulée d’un coureur de piste, la rage d’un homme en quête de grandeur. Jacob Kiplimo, 24 ans, n’était pas là pour suivre. Il était là pour marquer. Bronze olympique sur 10 000 m, recordman du monde du semi-marathon, il avait déjà prouvé qu’il allait vite. Mais à Chicago, il a montré qu’il pouvait aller loin. Dès les premiers kilomètres, le peloton s’est emballé. Moins de 14 minutes aux 5 km, une mi-course en 1h00’16. John Korir, le tenant du titre, a tenté de durcir la cadence. Mais Jacob Kiplimo, calme, précis, a attendu son heure. Au 30e kilomètre, il a lancé son attaque. John Korir a craqué. Jacob Kiplimo a souffert, mais n’a jamais lâché. À l’arrivée : 2h02’23. 7e chrono mondial. Premier marathon majeur. Et une impression de puissance tranquille. Celle d’un homme qui ne court pas pour battre les autres, mais pour écrire sa propre légende.

Hawi Feysa, la reine inattendue

Chez les femmes, la surprise est venue d’Éthiopie. Hawi Feysa, finaliste mondiale du 5 000 m en 2019, a couru comme on respire : avec fluidité, avec foi. Son temps ? 2h14’56. Sixième performance mondiale. Elle n’était pas la favorite. Elle n’avait pas le palmarès des grandes. Mais elle avait ce feu intérieur, cette envie de prouver que la piste n’est pas une fin, mais un tremplin. Après Francfort, après Tokyo, elle a trouvé à Chicago le lieu de son sacre. Et dans son regard à l’arrivée, il y avait plus que de la joie : il y avait la certitude d’avoir franchi un cap.

Photos : Chicago Marathon/Kbsp/Ophelia Butin/DR

Conner Mantz, l’Américain qu’ efface l’histoire

Conner Mantz, lui, avait une mission : faire tomber le vieux record des États-Unis. Celui de Khalid Khannouchi, vieux de 23 ans. Et il l’a fait. 2h04’43. Une course maîtrisée, une foulée solide, et une émotion contenue. À 28 ans, Conner Mantz incarne cette génération qui court avec des chaussures nouvelles, mais des rêves anciens. Il ne cherche pas à briller. Il cherche à durer. Et ce jour-là, il a prouvé que l’Amérique du marathon avait encore des choses à dire.

Chicago, décor de conquêtes

Le Marathon de Chicago, c’est plus qu’une course. C’est un voyage. Entre les rives du lac Michigan, les gratte-ciel, les parcs et les ponts, les coureurs traversent une ville qui respire avec eux. Label Platine, parcours rapide, foule en délire : Chicago est un écrin pour les exploits. Et ce 12 octobre, elle a tenu son rang. Plus d’un million de spectateurs. Un taux d’abandon inférieur à 1 %. Et des histoires plein les rues.

Photos : Chicago Marathon/Kbsp/Ophelia Butin/DR

Ophelia Butin, l’autre victoire

Parmi les milliers de coureurs, il y avait aussi Ophelia Butin. Cinq marathons majeurs à son actif. Une discipline de fer : cinq sorties par semaine. Et un objectif simple mais immense : aller au bout. Elle l’a fait : 04:36:33, sans record, sans podium, mais avec cette force tranquille qui fait les vrais héros. Son regard à l’arrivée disait tout : « Je suis allée au bout de moi-même. » Et dans un marathon, c’est parfois la plus belle des victoires. Chicago 2025, c’était ça : des champions qui explosent, des étoiles qui naissent, et une ville qui, une fois encore, a offert au monde une leçon de courage et de beauté.

Photos : Chicago Marathon/Kbsp/Ophelia Butin/DR