On nous avait promis la lune, on a fini avec tout le système solaire en plein dans les yeux. Mercredi soir, le Parc des Princes n’était plus un stade, c’était un volcan, une faille spatio-temporelle où la logique est partie se coucher dès le coup d’envoi. Ce PSG-Bayern ne restera pas dans les annales comme un simple match de football, mais comme une odyssée furieuse, un score de baby-foot qui donne envie de tutoyer les étoiles.

Pourtant, l’affaire a mal démarré pour les hommes de Luis Enrique. Pendant un quart d’heure, les bavarois de Vincent Kompany ont récité leur partition avec une précision de métronome, étouffant un milieu parisien en manque d’air. Le portier russe Matvey Safonov a eu beau multiplier les parades devant Michael Olise, il n’a rien pu faire quand Harry Kane s’est présenté face à lui sur penalty, sanctionnant une intervention ratée de Willian Pacho sur Luis Diaz (0-1, 17ᵉ). On pensait Paris groggy, asphyxié par le pressing de Jamal Musiala, on se trompait. Il a suffi d’un coup de génie de Khvicha Kvaratskhelia pour que le Parc s’embrase. L’ailier a littéralement torturé Josip Stanisic avant de loger un amour de ballon enroulé dans le petit filet de Manuel Neuer (1-1, 25ᵉ). La machine était lancée : João Neves, s’élevant plus haut que la forêt de défenseurs allemands, donnait l’avantage aux siens d’une tête décroisée sur un corner d’Ousmane Dembélé (2-1, 33ᵉ).
Le match est alors devenu une cour de récréation pour funambules. Michael Olise, décidément trop fort pour être vrai, rappelait à tout le monde sa magie en envoyant un missile sous la barre du portier parisien (2-2, 41ᵉ). Mais juste avant la pause, le nouveau Ballon d’Or, Ousmane Dembélé, redonnait l’avantage au PSG sur un penalty obtenu après une main d’Alphonso Davies (3-2, 45ᵉ+5). Au retour des vestiaires, Paris a cru porter l’estocade finale. En deux minutes de pure transe, Khvicha Kvaratskhelia signait un doublé sur un centre d’Achraf Hakimi (4-2, 56ᵉ), avant qu’Ousmane Dembélé ne vienne crucifier Dayot Upamecano d’une frappe poteau rentrant (5-2, 58ᵉ). À cet instant, le stade basculait dans l’irréel. On pensait le Bayern enterré, c’était mal connaître la résilience allemande.
Le Bayern possède cette force de caractère qui frise l’insolence. Dayot Upamecano réduisait d’abord l’écart de la tête sur un coup franc de Joshua Kimmich (5-3, 65ᵉ), puis Luis Diaz venait glacer l’ambiance après un contrôle magique et une feinte de corps sur Marquinhos (5-4, 70ᵉ). Les vingt dernières minutes furent une apnée collective. Le jeune Senny Mayulu, à peine entré en jeu, fracassait la barre transversale de Manuel Neuer, tandis que Willian Pacho se rachetait de son erreur initiale en sauvant un ballon sur sa ligne à la 94ᵉ minute. Alors oui, les puristes de la défense auront sans doute les cheveux hérissés, mais quel pied ! On a vu des duels de titans entre Vitinha et Jamal Musiala, des gestes de velours de Nuno Mendes et une intensité qui nous rappelle pourquoi on aime tant ce jeu. On se retrouve à l’Allianz Arena dans une semaine et un conseil : gardez votre cardiologue à portée de main.