Ils étaient 59 830 à franchir la ligne d’arrivée. Un chiffre fou, un record mondial. Jamais un marathon n’avait vu autant de finishers. Londres dépasse New York, Londres dépasse tout. Dans cette marée humaine, il y avait des débutants, des vétérans, des rêveurs, des acharnés. Et au milieu de cette foule, un homme allait réécrire les règles.

Sebastian Sawe a couru comme on entre dans une légende. 1 h 59 min 30 s. Un marathon officiel sous les deux heures. Une phrase que personne n’avait encore pu écrire. Il a effacé de 35 secondes le record de Kelvin Kiptum, disparu trop tôt, qui avait signé 2 h 00 min 35 s à Chicago en 2023. Il a couru avec une précision chirurgicale, porté par un rythme presque irréel. Et dans les deux derniers kilomètres, il a lâché tout le monde, seul sur The Mall, devant Buckingham Palace, comme dans un film. Derrière lui, Yomif Kejelcha a tenu longtemps, très longtemps, avant de céder dans les derniers mètres. Il termine en 1 h 59 min 41 s pour ses débuts sur marathon. Jacob Kiplimo complète le podium en 2 h 02 min 28 s.
Après la ligne, Sebastian Sawe a parlé avec une sincérité désarmante. Il a dit qu’il voulait montrer que tout est possible. Qu’il s’était préparé pour ce jour. Qu’il avait eu le courage d’accélérer quand le rythme était déjà fou. Yomif Kejelcha, lui, a salué la démarche de Sebastian Sawe, qui s’était soumis à des tests antidopage volontaires supplémentaires. Un geste rare et fort.
Chez les femmes, Tigst Assefa a confirmé qu’elle était la patronne. Elle conserve son titre en 2 h 15 min 41 s, battant son propre record établi l’an dernier. Elle a lâché Hellen Obiri et Joyciline Jepkosgei dans la dernière ligne droite, avec une autorité tranquille. Hellen Obiri prend la deuxième place en 2 h 15 min 53 s. Joyciline Jepkosgei complète le podium en 2 h 15 min 55 s. Trois femmes dans un mouchoir de secondes, trois performances de très haut vol.





Dans les courses fauteuil, Marcel Hug a encore frappé. Sixième victoire d’affilée, 8ᵉ au total. Une domination qui force le respect. Catherine Debrunner, elle, a remporté un sprint somptueux face à Tatyana McFadden pour décrocher sa troisième victoire consécutive à Londres.
Dans la clameur de Londres, ce dimanche, il y avait des records qui faisaient trembler les chronos. Et puis, au milieu de cette marée de coureurs, il y avait un homme en cuir noir, avançant comme on avance dans un souvenir qu’on refuse de laisser s’effacer.

On aurait pu croire à une apparition. Une silhouette lourde, gainée de cuir, étrangère à la légèreté des débardeurs techniques. C’était Sylvain Guintoli, champion du monde de Superbike, pilote d’endurance et consultant MotoGP. Et surtout, un homme qui, sept jours plus tôt, avait bouclé les 24 Heures Motos du Mans à une superbe 5ᵉ place, après une nuit de bruit, de vitesse et de tension. Une semaine seulement. Et le voilà, debout dans la fraîcheur londonienne, prêt à courir 42,195 km dans la même combinaison de cuir qui l’avait accompagné sur le Bugatti. Comme si le bitume du Mans l’avait suivi jusqu’ici.
Mais ce n’était pas un défi sportif, c’était un geste fort. Une offrande, une conversation silencieuse avec Luca, son fils, parti en 2025 à l’âge de six ans. Un enfant qui avait affronté la maladie avec un courage que même les champions ne savent pas nommer. Alors Sylvain Guintoli a choisi la chaleur étouffante du cuir, la rigidité, le poids, l’absence d’air. Il a choisi la douleur volontaire, celle qui serre la poitrine et brûle les jambes. Il a choisi de ressentir, un peu, ce que Luca avait dû endurer. Il a traversé Londres en 3 h 47 min 46 s. Mais, plus qu’un marathon, ce fut un chemin de mémoire.
Autour de lui, la solidarité a pris feu. Le paddock MotoGP, les pilotes, les fans, une course en cuir au Mans. Des dons venus de partout. Plus de 158 000 euros pour PASIC, l’association qui soutient les familles frappées par le cancer de l’enfant. Chaque foulée disait : je cours pour toi, chaque euro disait : personne ne traverse cette tempête seul.
À l’arrivée, Sylvain Guintoli n’a pas levé les bras. Il n’en avait pas besoin. Ses filles, Alicia et Layla, l’attendaient. Elles savaient ce que ce marathon avait coûté. Elles savaient ce qu’il avait offert.

Mais ce n’était pas un défi sportif. C’était un geste. Une offrande. Une conversation silencieuse avec Luca, son fils, parti en 2025 à l’âge de six ans. Un enfant qui avait affronté la maladie avec un courage que même les champions ne savent pas nommer. Alors Sylvain Guintoli a choisi la chaleur étouffante du cuir, la rigidité, le poids, l’absence d’air. Il a choisi la douleur volontaire, celle qui serre la poitrine et brûle les jambes. Il a choisi de ressentir, un peu, ce que Luca avait dû endurer. Il a traversé Londres en 3 h 47 min 46 s. Mais ce n’était pas un marathon. C’était un chemin de mémoire.
Autour de lui, la solidarité a pris feu. Le paddock MotoGP, les pilotes, les fans. Une course en cuir au Mans. Des dons venus de partout. Plus de 158 000 euros pour PASIC, l’association qui soutient les familles frappées par le cancer de l’enfant. Chaque foulée disait : je cours pour toi. Chaque euro disait : personne ne traverse cette tempête seul.
À l’arrivée, Sylvain Guintoli n’a pas levé les bras. Il n’en avait pas besoin. Ses filles, Alicia et Layla, l’attendaient. Elles savaient ce que ce marathon avait coûté. Elles savaient ce qu’il avait offert. Ce jour-là, Londres a vu un champion franchir une ligne. Un champion du monde de moto, certes, mais père qui transformait son chagrin en lumière. Un homme qui court pour que la mémoire reste vive, pour que l’amour continue de respirer, même quand la vie s’est tue. Et longtemps après que les rues se sont vidées, on pouvait encore sentir dans l’air la trace de sa course. Une trace qui disait simplement : tant que je cours, tu es là.

Ce dimanche, la capitale britannique a battu des records, elle a ouvert des portes. Celle d’un marathon dans lequel l’on court sous les deux heures, celle d’un sport qui se réinvente et celle d’une humanité qui, parfois, dépasse ses propres limites pour telle et telle cause. Et dans le bruit des foules, dans les pas des 59 830 finishers, une idée simple résonne encore… „rien n’est impossible“.