Le rodéo de „Bestia“ fait coup double

Le rodéo de „Bestia“ fait coup double

Enea Bastianini offre à Ducati sa première victoire sur la piste du COTA, au terme d’une course très animée avec un festival Marc Marquez victime d’un envol tronqué. Le podium est complété par un Alex Rins de gala et un Jack Miller conquérant. Par Khalad

Un excellent départ a été pris par Jack Miller (Ducati), qui s’est défait d’emblée du poleman Jorge Martín (Ducati Pramac), son coéquipier Pecco Bagnaia (Ducati) le suit en 3e position quant à Marc Marquez (Honda), il a abordé le premier virage qu’en 19e position. Sa Honda a bugué au départ, plongeant l’octuple champion du monde tout au fond du peloton. La guerre interne chez Ducati est intense dès les premiers tours avec Jorge Martín qui attaque Jack Miller avant que l’australien ne contre-attaque dans le dernier virage et reprend son bien. Enea Bastinini (Ducati Gresini) passe lui Pecco Bagnaia pour la 3e position. Pendant ce temps, Marc Marquez remonte au classement et pointe déjà à la 17e place. Marco Bezzecchi (Ducati VR46) chute, remonte sur sa moto, mais un filet d’huile s’écoulant le long de sa Ducati l’empêche de continuer.

Photos: MotoGP/Khalad

Jorge Martín est plus rapide que le leader dans les virages, mais bute toujours pour le dépasser. Le quintette de pilotes Ducati occupe les devants, suivi dans l’ordre par Alex Rins (Suzuki) et les deux champions du monde Fabio Quartararo (Yamaha) et Joan Mir (Suzuki). Marc Marquez poursuit sa remontée et passe 14e. De son côté Alex Rins double non sans mal Fabio Quartararo pour se lancer à la chasse aux Ducati de tête dans lesquelles Pecco Bagnaia, alors 4e est rattrapé par Johann Zarco (Ducati Pramac). Le français, alignant les tours les plus rapides surclasse l’italien sur la ligne droite de départ, mais le pilote officiel Ducati le contre au freinage avant de s’incliner. Une passe d’armes qui a permis à la Suzuki d’Alex Rins de s’approcher et de passer la Ducati officielle sans états d’âme. Gros freineur à cet endroit, Alex Rins élimine Johann Zarco bloquant ses opportunités de contre et au tour suivant Enia Bastianini, en plongeant à l’intérieur, mais l’Italien a réussi à reprendre sa position grâce à la puissance de la Ducati. Marc Marquez, cherchant à reprendre du temps, est à la fois impressionnant et ultralimite, mais ses prises de risques lui valent d’être déjà aux portes du top 10 après avoir dépassé son coéquipier Pol Espargaro (Honda). La Honda 93 figure déjà dans les rétroviseurs d’Aleix Espargaro (Aprilia) et à seulement 5 secondes de la tête de course. Une autre bataille féroce entre Fabio Quartararo et Joan Mir se dessine, mais la surpuissante Suzuki du majorquin ne fait pas de détail dans la ligne droite et passe sans sourciller la Yamaha du français, trop lente dans cette partie du circuit. Alex Marquez (Honda LCR) chute et au même moment, proprement cette fois, son illustre frère passe Aleix Espargaró. Enea Bastianini prend le meilleur au freinage sur Jorge Martín, suivi comme son ombre par Álex Rins. Les deux pilotes se rapprochent de Jack Miller qui caracole toujours en tête. Johann Zarco et Pecco Bagnaia sont toujours en bagarre et le premier cité rate son freinage en essayant de reprendre sa position face à son ancien coéquipier. Une erreur fatale qui profite à un Joan Mir à l’affût. Johann Zarco commence à perdre franchement le rythme, peignant l’asphalte de la piste avec ses gommes.

Photos: MotoGP/Khalad

Marc Marquez : la „remontada“

Fabio Quartararo le rattrape ainsi que Marc Márquez, les deux français se livrent à une bataille féroce et le champion du monde en sort vainqueur devant son compatriote en difficulté avant de se faire déposer dans la ligne droite par Marc Marquez. Plus haut, Joan Mir bat coup sur coup Jorge Martín et Pecco Bagnaia pour le gain de la 4e place. Fabio Quartararo se fraye un chemin devant son compatriote en difficulté avant de se faire souffler la politesse dans la ligne droite par Marc Marquez. Enea Bastianini, second, réalise le meilleur tour de la course et réduit l’avance de Jack Miller à 0,3 seconde, la course à la victoire est bien entamée. Alex Rins, est à plus d’une seconde derrière qui à son tour a 1,3 seconde sur pour son coéquipier Joan Mir. À 5 tours de la fin, le pilote Gresini Racing double finalement l’australien et tente de s’éloigner. Marc Marquez dépasse, lui, Jorge Martin en prenant beaucoup de risques, tout comme Fabio Quartararo qui passe également le pilote Ducati Pramac de manière assez agressive. Lors de cette manœuvre, le pilote Honda est sorti légèrement large, obligeant le pilote Yamaha à couper les gaz, pour se retrouver dans le champ de tir de Jorge Martin qui n’a cependant pas pu reprendre la 7e place au champion du monde. Marc Marquez commence à fléchir, et se fait coller par Fabio Quartararo avant que ce dernier tente un dépassement osé sur le catalan qui manque de chuter en répliquant. En tête de la course, Enia Bastianini grappille et Jack Miller est rejoint par Álex Rins, qui confirme ses velléités depuis le début du week-end. Le dépassement sur la Ducati se fait dans la foulée et le pilote Suzuki prend la deuxième position. Enia Bastianini passe sous les drapeaux à damiers en vainqueur, suivi d’Álex Rins et Jack Miller. Joan Mir est encore 4e devant Pecco Bagnaia et l’ovni Marc Marquez, qui réussit à résister aux pressions imposées par Fabio Quartararo. Jorge Martin est 8e juste devant son coéquipier Johann Zarco, 9e, devant le duo Aprilia avec respectivement Maverick Viñales, 10e, et Aleix Espargaro, 11e. Brad Binder (KTM) est 12e devant un Pol Espargaro (Honda) fatigué, 13e, et Takaaki Nakagami (Honda LCR), 14e. Andrea Dovizioso (Yamaha RNF) est 15e, suite à la pénalité de Franco Morbidelli (Yamaha) .

Photos: MotoGP/Khalad
Enea Bastianini

„Ma stratégie, aujourd’hui, était d’économiser mes pneus et aussi mon corps, parce que le premier secteur en particulier était critique. En partant de la deuxième ligne, ça a été plus facile pour moi que ça ne l’avait été au Qatar. Cette course a été très dure. Dans la première partie, Jack a imprimé un rythme très rapide, mais à la mi-course, quand j’ai vu Alex très proche de moi, essayant de me dépasser plusieurs fois, je me suis dit que c’était le moment d’attaquer et de passer devant, d’autant que je pense que la température de mon pneu avant était trop élevée. À la fin, j’ai poussé comme un dingue et j’ai gagné ! Remporter cette course, c’est génial pour moi et particulièrement au Texas, qui est l’un des états que je préfère. Incroyable !

Photos: MotoGP/Khalad