L’épreuve d’Estonie n’est pas un rallye, c’est une rafale, un sprint continu où les voitures volent, où chaque bosse peut devenir un piège, où la moindre hésitation se paie cash. Dans ce décor, Sami Pajari (Toyota) a imposé sa loi. Sept spéciales, 7 scratches, une domination qui ne laisse aucune place au doute. Sa Toyota GR Yaris Rally1 semblait lire la route comme un texte familier, anticipant chaque corde, chaque creux, chaque pierre. Oliver Solberg (Toyota) suivait, féroce, mais déjà relégué à 14,7 secondes.
Adrien Fourmaux (Hyundai) solide, Thierry Neuville (Hyundai) en quête de rythme, Elfyn Evans (Toyota) pénalisé par l’ouverture de route et Takamoto Katsuta (Toyota), victime d’une crevaison puis d’un abandon, voyaient leur rallye s’effondrer avant même la tombée du jour.
Près de 150 kilomètres chronométrés : la journée la plus brutale du week‑end. Le terrain sablonneux, rapide, sans marge, exigeait des nerfs d’acier. C’est là qu’Oliver Solberg a décidé de frapper. Deux temps scratches d’entrée, un rythme carnassier, une Toyota bondissante qui avalait les jumps comme un fauve lancé à pleine vitesse. L’écart fondait, la menace devenait réelle. Pour la première fois, le leader finlandais semblait prenable. Mais Sami Pajari n’a pas cédé. Il a absorbé la tempête… puis a repris le contrôle. Trois meilleurs temps dans l’après‑midi et une gestion chirurgicale, malgré un contact avec une roche qui aurait pu tout ruiner. Le soir, l’avance était remontée à 25 secondes. Le message était clair : il ne lâcherait rien.
Deux passages dans le spéciale de Kääriku pour conclure, Oliver Solberg a encore attaqué, remportant les deux dernières spéciales. Sami Pajari n’avait plus besoin de briller : il devait juste tenir. À Tartu, il a franchi la ligne en vainqueur et ce, pour la première fois de sa carrière en Championnat du monde des rallyes.
Un jeune finlandais qui, sur les routes où il avait grandi en Junior WRC, inscrit enfin son nom parmi les grands, son coéquipier suédois Oliver Solberg termine à 19,5 secondes, brillant mais battu, Adrien Fourmaux complète le podium devant le pilote belge Thierry Neuville. Sébastien Ogier (Toyota) est 5ᵉ devant Elfyn Evans, 6ᵉ, Martin Sesks (Ford), 7ᵉ, Esapekka Lappi (Hyundai), 8ᵉ et Jan Armstrong (Ford), 9ᵉ.
WRC-2 : Robert Virves, une victoire WRC2 sous haute pression
Robert Virves (Skoda) a remporté le WRC-2 en résistant jusqu’au bout au retour agressif des pilotes Toyota, Roope Korhonen (Toyota) et Teemu Suninen (Toyota). Leader dès vendredi, le pilote local a vu son avance fondre de 10,1 à 5,7 secondes avant de verrouiller la victoire dimanche, avec seulement deux spéciales à gérer. Il s’impose finalement avec 7,6 secondes d’avance, tandis que Temmu Suninen dépasse son compatriote Roope Korhonen pour 1,2 seconde dans la Wolf Power Stage.
Ce succès, sa 3ᵉ victoire en trois départs cette saison, lui rapporte 25 000 € comme meilleur jeune pilote estonien et 25 points précieux au championnat. Robert Virves grimpe ainsi à la seconde place, à quatre points de Roope Korhonen. Derrière le trio de tête, Emil Lindholm (Skoda) assure la 4ᵉ place, Mille Johansson (Skoda) complète le top 5 après l’incident de Mikko Heikkilä (Skoda), victime d’un amortisseur brisé. Quant à Patrick Enok (Skoda), il termine 6ᵉ et empoche 15 000 €.
Avec cette victoire, Sami Pajari grimpe au troisième rang du championnat avec 144 points. Elfyn Evans reste leader (177), suivi de Takamoto Katsuta (152). Sébastien Ogier recule au 4ᵉ rang (139), tandis qu’Oliver Solberg reste dans le match (130).
