KIDS ON FIRE : Ljubljana vibrait au rythme des jeunes prodiges le temps d’un week-end

KIDS ON FIRE : Ljubljana vibrait au rythme des jeunes prodiges le temps d’un week-end

Au cœur de Congress Square, le World Kidz Breaking Championship a réuni plus de 500 jeunes danseurs venus de 38 pays pour une célébration vibrante de la culture hip-hop. Entre larmes, exploits techniques et esprit de famille, la 5ᵉ édition a offert un spectacle d’une intensité rare. Par Elodie Fergani Bakiz

Ljubljana transformée en scène mondiale

Ljubljana avait des airs de capitale du breaking ce week-end. Les qualifications se tenaient dans une salle à deux pas de Congress Square, où toute la suite de l’événement s’est déroulée. La célèbre place avait été métamorphosée en immense scène à ciel ouvert grâce au soutien de la mairie, qui a cru au projet dès le premier jour. Dès l’aube, des enfants venus des quatre coins du monde couraient avec leurs sacs plus grands qu’eux, tandis que les DJs faisaient vibrer les premières basses. Trente-huit pays représentés, plus de 300 danseurs engagés : le World Kidz Breaking Championship célébrait sa 5ᵉ édition anniversaire avec la même ambition portée par Abdelaziz Bakiz, français, et OG Samson, slovène et cofondateur de l’événement. Leur mission : offrir aux enfants un espace pour exister dans la culture hip-hop, au-delà des origines, des moyens ou des frontières.

Photos : FormlessCorp/WorldKidz/Nik Bertoncelj/Get Together Ljubljana/DR

L’esprit du WKBC, love, paix et transmission

L’histoire du WKBC remonte aux e-battles organisées par Formless Corp, où de très jeunes talents comme Tsukki ou Hiro avaient impressionné la scène. Abdelaziz et OG Samson avaient alors compris que ces enfants avaient besoin d’un véritable lieu pour s’exprimer, apprendre et évoluer ensemble. Ils ont imaginé un événement fondé sur l’amour, la paix, l’unité et le partage des connaissances. La journée démarre avec les qualifications des bboys et bgirls „Under 10„. Sur scène, les plus petites prennent toute la place dès leur entrée. Le public découvre des enfants capables d’écouter la musique, de répondre à leur adversaire et d’affirmer déjà une personnalité artistique. À chaque battle, les familles se lèvent, filment, encouragent, applaudissent.

Émotions plus fortes que la compétition

Très vite, l’émotion dépasse l’enjeu sportif. Un jeune danseur estonien entre, soutenu par toute son équipe qui crie à chacun de ses mouvements. L’ambiance devient électrique. Les crews chantent, sautent, tapent dans leurs mains. Le WKBC ressemble alors moins à un championnat qu’à une immense réunion de famille internationale. Chez les Bboys U10, Maximus impressionne par son mélange de toprock et de powermoves, tandis qu’Umi, 8 ans, entre comme un ninja avant d’envoyer un bisou à son adversaire. Le public fond. Plus loin, Guthrock du Venezuela affronte Jugin d’Estonie sous un drapeau géant brandi dans les gradins. La finale Bgirls U10 entre Louisa et Foka marque l’un des premiers grands moments de la journée. Foka l’emporte, Louisa pleure dans les bras de son père avant de revenir checker son adversaire. “Don’t be sad if you lose”, rappelle le host. Quelques secondes plus tard, les deux petites posent ensemble pour la photo, symbole de paix et d’unité.

Photos : FormlessCorp/WorldKidz/Nik Bertoncelj/Get Together Ljubljana/DR

U14 : montée en puissance

En fin d’après-midi, la chaleur monte autant que le niveau. Les Bgirls U14 entrent en scène sous les applaudissements des femmes présentes dans l’assemblée. Lena, venue de France, impressionne par son énergie et ses mouvements d’épaule parfaitement placés. Naomix confirme la force de la délégation française avec un style complet. “Unbelievable”, lâche Rémo au micro. Autour de la scène, les parents vivent chaque battle comme si leurs enfants jouaient une finale mondiale. “We are all stars”, répète le MC. Puis vient le moment des Bboys U14. Bboy Nana, malgré sa notoriété internationale et son passage à America’s Got Talent, reste simple et proche des autres enfants. Mais, dès qu’il entre dans le cercle, tout explose. Les cris montent, les téléphones se lèvent. Legacy, d’Allemagne, envoie des bisous au public après sa victoire. Buch, jeune français, se distingue par sa musicalité. Son adversaire chinois, malgré la défaite, check tous les jurys et le MC, un geste salué par toute la foule. À 19h50, Maloy et Sonic enflamment Congress Square. Maloy, cheveux décolorés façon Dragon Ball Z, semble déjà être une star. Le battle entre Nana et G-Force transforme la place en volcan : le public saute, crie, célèbre chaque mouvement.

U18 : maturité et intensité

Chez les Bgirls U18, la maturité artistique saute aux yeux. Souplesse, puissance, féminité : les danseuses imposent leur univers. Lili et Lynarock se saluent avec respect avant de livrer un battle intense. À côté de moi, la mère de Salala regarde sa fille avec fierté. Elle passe presque tous ses week-ends sur les routes pour accompagner ses deux enfants. Partout, les histoires familiales se croisent. Chez les Bboys U18, la foule se densifie. Ferré, de Belgique, fait lever toute la place avec ses arrêts millimétrés. Saigo danse avec un immense sourire, joue de l’air  guitare avant d’envoyer ses powermoves. Après chaque passage, il court vers sa mère, coach et soutien mental. Les demi-finales puis les finales font vibrer toute la place. Les DJs enchaînent leurs meilleurs sons. “Jump Around” transforme Congress Square en trampoline géant.

Photos : FormlessCorp/WorldKidz/Nik Bertoncelj/Get Together Ljubljana/DR

Des finales inoubliables

La finale U14 entre Nana et Maloy devient l’un des moments forts du week-end. Nana joue avec sa casquette, Maloy répond avec une puissance déjà légendaire. Maloy l’emporte. Les deux enfants se prennent longuement dans les bras. Chez les Bgirls U14, la finale 100 % française entre Naomix et Roxy Rock confirme la domination tricolore. Roxy Rock est portée en triomphe par son équipe. Et, lorsque Saigo remporte finalement sa catégorie, l’émotion submerge la scène. Sa mère éclate en larmes, sa sœur court l’enlacer. Dans la fatigue générale, une évidence demeure : ici, les enfants ne sont pas venus seulement gagner; ils sont venus grandir ensemble. À la fin de la soirée, les enfants prennent des photos avec les gagnants avant de filer dormir pour être prêts le lendemain. À suivre…

Photos : FormlessCorp/WorldKidz/Nik Bertoncelj/Get Together Ljubljana/DR

DJ : 

DJ Catch | Merakey Collective (Suisse)

DJ Uragun | Solo Gas Recordz (Ukraine)

JUDGES :

Poe One | Style Elements (Worldwide)

Junior | Wanted Posse, Red Bull BC One All Stars (France)

Stefani | Jinjo, Gun Smoke Breakers (Ukraine)

Mighty Jake | Formless Corp. (Venezuela)

OG Samson | Funky Rockerz (Slovénie)

Fox | Liquid Fire, Bassick Crew (Grèce)

Thunder | Enemy Squad (Hongrie)

Enano | Speedy Angels (Venezuela)

Jurskee | Turn It Loose (Pays-Bas)

Hakan GHT | Too Much Underground (Allemagne/Turquie)

Chakal | Last Suqad, Arabic Flavour (France)

Jay The Rock | The Rock Crew (Slovénie)

Majkrock | The Rock Crew (Slovénie)

G-Head | Original Break The Floor (Slovénie)

Fati.Art (France)

Matalo (Allemagne)

HOSTS :

Remo (Suisse)

Godfather | DPC (Suisse)

Yugo Boss (Slovénie)