FASHIONWEEK DE PARIS DÉFILÉ ROBERT WUN HAUTE COUTURE PRINTEMPS/ÉTÉ 2026 : Robert Wun, au coeur de la tempête intérieure

FASHIONWEEK DE PARIS DÉFILÉ ROBERT WUN HAUTE COUTURE PRINTEMPS/ÉTÉ 2026 : Robert Wun, au coeur de la tempête intérieure

Il arrive que la haute couture cesse d’être un simple exercice de virtuosité pour devenir un espace de vérité. Pour son printemps/été 2026, Robert Wun a choisi de lever le voile sur ce que l’on ne montre jamais : la vulnérabilité brute du processus créatif. Pas de façade, pas de distance. Juste un artiste qui accepte de se mettre à nu, de raconter ses doutes, ses combats, ses élans. Sa collection haute couture, intitulée „Valeur : le désir de créer et le courage de persévérer“, ressemblait à un journal intime mis en scène sous un orage numérique. Par Agnès Wuyam
Photos : Robert Wun/DR

„Bibliothèque“ : l’étincelle fragile des débuts

Le premier acte avait la douceur d’un rêve encore intact. „Bibliothèque“ plongeait dans les archives personnelles de Wun, ses croquis d’étudiant, ses premières intuitions. Les silhouettes monochromes semblaient découpées dans du papier : épaules arrondies, corsets galbés, lignes précises comme des études de formes. Une atmosphère studieuse, presque silencieuse, où l’on sentait la naissance d’une idée avant qu’elle ne soit déformée par le monde.

„Luxe“ : quand l’idéal se heurte au réel

Puis la lumière s’est assombrie. L’orage grondait au-dessus du Lido, et la collection basculait dans „Luxe“ , un chapitre plus dur, plus lucide. Les mannequins avançaient masqués, leurs visages dissimulés sous des éclats de cristal. Comme si l’industrie imposait une armure. Les robes, inspirées des écrins de haute joaillerie, mêlaient corsages rigides et traînes fluides. C’était beau, mais c’était un aveu, celui du créateur qui découvre que le rêve doit composer avec les attentes, les pressions, les compromis.

Photos : Robert Wun/DR

„Valeur“ : le combat pour rester soi

Le dernier acte ressemblait à un champ de bataille. Les silhouettes étaient transpercées de flèches et d’épées, comme si Robert Wun avait dû se transformer en guerrier pour défendre la pureté de sa vision. Mais aucune défaite ne planait. Au contraire. La scène s’est ouverte sur une robe de bal céleste, scintillante, presque cosmique. Une robe qui semblait contenir des galaxies entières. Le triomphe après la tempête. L’idée devenue forme. Le rêve devenu matière.

Une couture qui parle à ceux qui doutent

Ce défilé n’était pas seulement spectaculaire. Il était profondément humain. On ne voyait pas seulement les vêtements, mais l’homme derrière. Ses peurs, ses élans, sa ténacité. Et c’est ce qui a touché le public: cette sensation rare d’être compris, d’être vu.

Photos : Robert Wun/DR

Une collection qui explore l’âme d’un créateur face à ses propres vertiges

Robert Wun a rappelé que créer, c’est accepter de traverser des tempêtes. Mais aussi que, parfois, au bout du chemin, une lumière inattendue surgit. Une lumière qui dit : „Continuez. Rêvez encore. Et surtout, ne renoncez pas à vous-même.“

Photos : Robert Wun/DR