FOOTBALL ÉQUIPE DE FRANCE : Zizou reprend le flambeau

FOOTBALL ÉQUIPE DE FRANCE : Zizou reprend le flambeau

Quatorze ans après l’arrivée de Didier Deschamps, une page immense se tourne et une autre s’ouvre, presque mythologique. Zinédine Zidane devient sélectionneur de l’équipe de France. Une nomination attendue, rêvée, fantasmée, qui a pourtant laissé dans la salle une émotion simple, presque fragile. Paris a retenu son souffle. Le pays entier aussi. Par Khalad


Le banc des Bleus, enfin… 

Il y a des images qui restent. Zinédine Zidane, assis à côté de Philippe Diallo, les mains jointes, le regard un peu baissé, comme pour contenir une émotion trop grande. Lui qui n’a jamais été bavard, jamais à l’aise dans l’exercice médiatique, a pourtant laissé filtrer quelque chose de rare : une joie immense. Il l’a dit sans détour. Pendant quatre ou cinq ans, il a refusé toutes les propositions. Les clubs, les projets, les millions. Rien ne comptait. Il n’attendait qu’une seule chose : l’équipe de France. Celle qu’il a connue gamin, celle qu’il a gravie étage par étage, jusqu’à la sélection. À ce sommet qu’il n’a jamais cessé de regarder avec tendresse. Le 1ᵉʳ août, son contrat prendra effet. Et à cet instant précis, une nouvelle ère commencera.

Photos : FIFA/Kbsp/DR

Didier Deschamps, le respect avant tout

Zinedine Zidane n’a pas voulu faire semblant. Avant de parler de lui, il a parlé de son illustre prédécesseur Didier Deschamps. De ses quatorze années, de ses finales, de sa Coupe du monde 2018, de ce travail titanesque qui a façonné une génération entière. Il n’y a pas eu d’appel entre les deux hommes, mais il y a eu des mots. Des mots simples, directs, sincères. Bravo pour ce que tu as fait. Merci pour ces années. Maintenant, une autre étape s’ouvre. Zinedine Zidane n’a pas cherché à se comparer. Il a souri : DD, c’est DD, Zizou, c’est Zizou. Pas de rupture, mais une continuité. Une manière élégante de dire qu’il respectera l’héritage tout en traçant sa propre route.

Un rêve préparé depuis longtemps

Philippe Diallo a levé le voile sur un secret bien gardé : les premiers contacts avec Zinédine Zidane datent de février 2025. À peine Didier Deschamps avait-il annoncé son départ que la FFF s’est tournée vers celui qui, depuis des années, disait que son rêve était de diriger les Bleus. Les rendez-vous se sont enchaînés, les discussions aussi. L’ancien joueur marseillais n’a jamais caché son intention. Il voulait les Bleus. Rien d’autre. Et la Fédération voulait un homme qui incarne à la fois l’aura, la compétence et le cœur des supporters. Le mandat sera de quatre ans. Ligue des nations, qualifications pour l’Euro 2028, puis la Coupe du monde 2030. Un cycle entier, un horizon clair.

Photos : FIFA/Kbsp/DR

Un staff dans la continuité, une idée du jeu encore secrète

Zinedine Zidane a esquivé les questions sur le style. Il a souri, encore. Vous verrez en septembre. Mais il a laissé filtrer une chose : il est animé par le jeu. Par les buts. Par l’équilibre. Par ce football qu’il a respiré pendant vingt-cinq ans en Espagne. Son staff sera présenté en septembre. On y retrouvera des fidèles : Bettoni, Msaidie, Collado, Dupont. Et deux visages de 1998 : Barthez et Diomède. Une famille recomposée, un mélange de loyauté et de mémoire.

Kylian Mbappé, Christophe Gleizes, et la Turquie en ligne de mire

Sur Kylian Mbappé, le nouveau sélectionneur n’a pas voulu s’avancer. Pas encore. Le capitaine se repose, et les discussions viendront en septembre ; pas de précipitation. Sur Christophe Gleizes, le journaliste français emprisonné en Algérie, il a été touchant. Je soutiens comme un parent. Une phrase simple, mais lourde de sens. Et puis il y a le terrain. Les journalistes voulaient l’Espagne, l’Italie, les grandes affiches. Zinédine Zidane, lui, n’a qu’un match en tête : la Turquie, le 25 septembre. Quatre matchs en septembre, presque trois semaines avec les joueurs. Il en parle comme d’un cadeau.

Une nouvelle ère, sans bruit mais avec promesse

Zinedine Zidane n’a pas fait de grandes déclarations. Il n’a pas promis des révolutions. Il n’a pas cherché à séduire. Il a parlé comme il joue : avec simplicité, avec justesse, avec cette manière de dire beaucoup en disant peu. Ce qu’il veut, c’est que l’équipe de France continue à gagner et il promet de tout donner pour ça. Ce qu’il incarne, c’est une nouvelle ère qui commence sans fracas, mais avec une force tranquille. Le pays attendait ce moment depuis des années. Il est arrivé. Et quelque chose, dans l’air, dit que les Bleus n’ont pas fini de rêver.

Photos : FIFA/Kbsp/DR