Dimanche matin, Oliver Solberg (Toyota) semblait encore croire à l’impossible. Le pilote Toyota dominait le Rallye de Sardaigne avec plus d’une demi-minute d’avance sur Sébastien Ogier (Toyota), mais la bataille la plus importante se jouait ailleurs. Pour devenir champion du monde, le jeune pilote suédois devait non seulement gagner le rallye, mais aussi reprendre suffisamment de points à Elfyn Evans (Toyota) lors du Super Sunday et de la Wolf Power Stage.
Dès la première spéciale de la journée, il assommait la concurrence en reléguant ses rivaux à plusieurs secondes. Le message était clair : il allait se battre jusqu’au dernier mètre. Alors que le championnat semblait lentement glisser entre ses doigts, Oliver Solberg a soudainement vu une porte s’ouvrir. Dans l’avant-dernière spéciale de la saison, le drame a frappé Elfyn Evans. Victime d’une crevaison dès les premiers kilomètres, le pilote gallois a été forcé de s’arrêter avec son copilote Scott Martin pour remplacer la roue endommagée. Près de deux minutes se sont envolées dans l’opération. D’un instant à l’autre, l’avance confortable du pilote Toyota au championnat s’est transformée en équilibre précaire.
Virtuellement, Oliver Solberg revenait à un seul point. Une saison entière se retrouvait suspendue à une ultime spéciale de seulement 7,10 kilomètres. Sept kilomètres pour un titre mondial, un scénario presque irréel. Après 13 manches, tout se résumait à une seule question : qui d’Elfyn Evans ou d’Oliver Solberg terminerait devant l’autre dans la Wolf Power Stage ? Elfyn Evans s’est élancé le premier. Le leader du championnat n’avait plus le luxe de gérer, il devait attaquer, tout donner et espérer. Il signe alors un chrono suffisamment solide pour maintenir la pression sur son rival. Puis l’attente commence, car désormais, son destin ne lui appartient plus.
Lorsque Oliver Solberg s’élance, la victoire au rallye semble Reste le championnat : 23 ans après le sacre mondial de son père Petter Solberg, le vaillant pilote suédois est à quelques kilomètres d’écrire sa propre page d’histoire. Spéciale après spéciale, intermédiaire après intermédiaire, le rêve semble prendre forme. Puis survient l’impensable : À quelques centaines de mètres de l’arrivée, dans l’avant-dernier virage de toute la saison 2026, la Toyota quitte la route. Le temps se fige, Oliver Solberg parvient à repartir, mais les secondes perdues sont fatales. Lorsqu’il franchit finalement la ligne d’arrivée, le verdict tombe : il a laissé échapper trop de temps. Le rallye est gagné mais pas le championnat.
De l’autre côté de l’arrivée, Elfyn Evans comprend que cette fois, personne ne lui enlèvera le trophée. Après 5 saisons conclues au rang de vice-champion, après des années à frôler le sommet, le pilote gallois décroche enfin son premier titre mondial avec Scott Martin. Champion du monde avec 243 points, il devance son coéquipier Oliver Solberg de seulement 5 cinq unités au classement final. Une marge infime après une saison entière et une éternité après tant d’années d’attente. Le pilote Toyota devient également le premier pilote britannique à être sacré en WRC depuis le regretté Richard Burns en 2001.
La consolation est malgré tout immense pour Oliver Solberg. Arrivé en Sardaigne avec 21 points de retard au championnat, il a livré un week-end exceptionnel pour revenir dans la lutte jusqu’aux derniers mètres de la saison. Il s’impose avec autorité devant Sébastien Ogier, relégué à 57,6 secondes, tandis que Sami Pajari (Toyota) complète le podium après avoir eux aussi entretenu un mince espoir de titre avant cette finale. Derrière, Adrien Fourmaux (Hyundai) termine 4ᵉ devant le nouveau champion du monde Elfyn Evans. 5ᵉ, Takamoto Katsuta (Toyota) prend le 6ᵉ rang, suivi de Jon Armstrong (Ford), 7ᵉ.
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Cette finale restera comme l’une des plus spectaculaires de l’histoire récente du WRC. Elle marque aussi la dernière apparition des Rally1 de la génération introduite en 2022. Et quelle sortie. Une victoire pour Oliver Solberg, un premier titre pour Elfyn Evans. et un championnat du monde qui aura attendu les deux derniers virages de la dernière spéciale de la saison pour révéler son champion. Le genre de scénario qu’aucun scénariste n’aurait osé écrire.