Il y a des années où Cannes ressemble à un miroir tendu à l’époque. 2026 en fait partie. Sous la présidence du cinéaste sud‑coréen Park Chan‑wook, la Croisette s’apprête à accueillir une sélection qui ne cherche pas à rassurer, mais à éclairer comme un projecteur braqué sur un monde qui s’assombrit. Autour de lui, un casting prestigieux : Eye Haïdara en maîtresse de cérémonie, Barbra Streisand et Peter Jackson honorés d’une Palme d’or d’honneur, et un John Travolta inattendu, venu présenter son premier film en tant que réalisateur dans la section Cannes Première.

La sélection officielle ressemble à une traversée du globe en vingt‑deux films. Pierre Salvadori ouvrira le bal avec „La Vénus électrique“, avant de laisser place à une mosaïque de cinéastes qui, chacun à leur manière, interrogent notre époque. On y retrouve les visions politiques d’Andreï Zviaguintsev, les tensions brûlantes de Rodrigo Sorogoyen, la délicatesse de Kore‑eda, la rigueur de Pawlikowski, les labyrinthes nocturnes de Hamaguchi, les fièvres espagnoles de Pedro Almodóvar, ou encore les récits intimes de Jeanne Herry et Arthur Harari. Une sélection qui semble dire : le cinéma n’est pas là pour apaiser, mais pour comprendre, pour secouer, pour ouvrir des brèches.
La section „Un Certain Regard“ s’annonce comme un laboratoire intéressant cette année. Jane Schoenbrun ouvrira la section avec un titre déjà culte „Teenage sex and death at camp Miasma“ tandis que des cinéastes venus du Japon, du Népal, du Congo, du Chili ou du Maroc viendront bousculer les formes, les récits, les certitudes. C’est la section où l’on découvre souvent les films qui marqueront demain, ceux qui murmurent avant de rugir.



Les séances hors compétition accueilleront des œuvres qui plongent dans l’histoire récente ou revisitent des mythes contemporains :
Nicolas Winding Refn, Guillaume Canet, Agnès Jaoui, Antonin Baudry…
Des films qui scrutent nos fractures, nos héros, nos fantômes.
Cannes Première : John Travolta, Eric Cantona et les retours inattendus
La section Cannes Première mêlera glamour, curiosité et nostalgie.
John Travolta y présentera „Vol de Nuit pour Los Angeles“, tandis qu’un documentaire consacré à Éric Cantona promet déjà de faire parler. Kiyoshi Kurosawa reviendra avec un film de samouraïs, Daniel Auteuil avec un drame nocturne, et Volker Schlöndorff avec un récit boisé et mystérieux.
Thierry Frémaux l’a résumé : „Cette sélection éclairera un monde qui s’assombrit.“ Cannes 2026 ne promet pas seulement du glamour, mais un cinéma qui interroge, qui dérange, qui console parfois et qui, toujours, éclaire. Un festival qui s’annonce comme un phare : fragile, mais indispensable.


