Le défilé s’ouvre sur un carré d’herbe sèche, des murs tapissés de motifs trop vifs, et une vidéo où une femme tente de travailler au fond d’une piscine. Le ton est donné : la collection sera celle d’un monde qui se dérègle, d’un quotidien qui se délite.
Les vêtements semblent choisis dans la précipitation. Tailleurs en cuir froissé, robes babydoll poudrées, baskets rétro, un unique colbacco en fourrure strassée… le stylisme est réduit à l’essentiel. Les couleurs, elles, oscillent entre bordeaux, beige, moutarde, rose pêche et gris infinis. Rien de joyeux. Rien de frivole.
Chloë Sevigny, Gemma Ward, Gillian Anderson et Kristen McMenamy défilent comme des souvenirs vivants. Elles incarnent une époque où Miu Miu jouait avec l’uniforme, la jeunesse, l’irrévérence. Aujourd’hui, elles portent une mélancolie nouvelle, presque résignée.
Les silhouettes semblent mal ajustées, les proportions volontairement bancales. Comme si la femme Miu Miu n’avait plus le temps, plus l’envie, plus l’énergie de composer. Elle s’habille pour sortir, pour affronter, pour continuer. La mode devient un acte de survie.
Miu Miu ne cherche pas à séduire. Elle questionne. Que signifie créer des vêtements quand le monde brûle, quand les obligations écrasent, quand le luxe devient un privilège fragile. La collection répond par une vérité brute : la mode n’est qu’un outil. La vie, elle, se joue ailleurs.
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