TOULOUSE FASHIONWEEK : La mode prend racine à Toulouse et s’élève vers demain

TOULOUSE FASHIONWEEK : La mode prend racine à Toulouse et s’élève vers demain

La Toulouse Fashion Week revient en 2025 avec une maturité nouvelle. Plus qu’un défilé, c’est une scène où la création se raconte, où les corps deviennent langage, où la ville rose affirme sa place dans la cartographie mondiale de la mode. Par Khalad

Toulouse, laboratoire d’une mode qui s’invente en marchant

Il y a des événements qui ne cherchent pas à s’aligner sur les grandes capitales. Ils préfèrent tracer leur propre ligne, avec leur accent, leur énergie, leur manière de regarder le monde. La Toulouse Fashion Week appartient à cette famille-là. Depuis 2019, sous l’impulsion de son fondateur Fabrice Sauriat, elle a construit un espace singulier où la mode se mêle au spectacle vivant, où les silhouettes se frottent à la danse, à la musique, à la lumière. Une scène qui ne copie pas, mais qui compose. Pour cette édition 2025, le thème „Héritage“ ouvre un nouveau chapitre. La salle Interférence/Balma devient le théâtre d’un défilé hors norme, avec un podium en U de 45 mètres qui serpente comme une ligne de vie. Ici, les vêtements ne traversent pas la scène. Ils habitent l’espace. Ils racontent ce que les mots ne savent pas toujours dire.

Photos : TFW/Steven del Rio/Antoine Raziel/Matthieu Ramirez/Myriam Le Mog/Joseph Pons DSSD.photographie/Alain Montsegur/Eric Bignon/Johan Buchaudon/Christophe Castes/Runionimages1/Carolyne Shu/DR 

Une communauté de 300 artisans pour faire battre le cœur de l’événement

La TFW n’existe que parce qu’elle est portée par une communauté. Trois cents bénévoles, mannequins, photographes, maquilleurs, coiffeurs, techniciens. forment une chaîne humaine où chaque geste compte. Une ruche créative qui donne à l’événement son souffle, sa chaleur, sa vérité. Le soutien de Fashion Week internationales, de Berlin à la Guyane, a offert à Toulouse une visibilité inattendue. Les candidatures affluent. Les stylistes du monde entier veulent désormais fouler ce podium toulousain. Pourtant, ici, la mode n’est pas une industrie. Elle est un acte. Un partage. Une émotion offerte au public. Près d’un créateur sur cinq défile sans intention de vendre. Juste pour dire quelque chose de vrai.

Un défilé pensé comme une cérémonie

À Toulouse, le défilé n’est pas un simple passage de silhouettes. C’est une cérémonie. Les univers se succèdent comme des tableaux vivants, portés par des chorégraphies, des musiques originales, des lumières qui sculptent les corps. On pense au théâtre, à la performance, parfois même à la poésie scénique. Le public, fidèle et curieux, se laisse emporter. Il réagit, il s’émeut, il s’approprie ce qu’il voit. Et parce que la TFW défend une mode accessible, inclusive, certaines pièces trouvent preneur. Ici, la création n’est pas un luxe. C’est une rencontre.

Agnès Wuyam Paris : la force tranquille d’une signature rare

Au centre de cette édition, une créatrice impose sa présence avec une élégance silencieuse : Agnès Wuyam. Depuis plus de trente ans, elle façonne une mode qui ne cherche pas l’esbroufe. Elle cherche la justesse. Une mode qui respire, qui écoute, qui accompagne.

Le sur-mesure comme art du lien

Formée dans l’univers du luxe, Agnès Wuyam a développé une approche du sur-mesure presque intuitive. Chaque pièce est pensée comme une seconde peau, sculptée pour révéler la silhouette autant que la personnalité. Elle conseille, elle guide, elle ajuste. Elle maîtrise les couleurs, les matières, les lignes avec une précision qui tient du geste d’orfèvre. Ses collections ont voyagé de Paris à Milan, de Varsovie à Monaco. Elles portent en elles une élégance cosmopolite, nourrie de rencontres, de cultures, de paysages. Une élégance qui ne cherche pas à séduire, mais à exister pleinement.

Une rétrospective comme un hommage vivant

Pour la TFW 2025, Agnès Wuyam présente une rétrospective qui traverse trente ans de création. Drapés fluides, formes poétiques, matières douces, gestes précis. Chaque pièce semble animée d’un souffle intérieur. Comme si la féminité, chez elle, n’était pas une idée, mais une présence. Une manière d’être au monde.

Photos : TFW/Steven del Rio/Antoine Raziel/Matthieu Ramirez/Myriam Le Mog/Joseph Pons DSSD.photographie/Alain Montsegur/Eric Bignon/Johan Buchaudon/Christophe Castes/Runionimages1/Carolyne Shu/DR 

Une scène qui révèle les voix de demain

Autour d’Agnès Wuyam, la TFW continue de faire émerger des talents qui comptent. Tonye Aka, marraine de l’édition et fondatrice de Tonye’s Fashion Academy, Charlotte Bardou, créatrice du label upcyclé Bi Ethic, Jenia Gala, styliste à l’univers vibrant et contemporain. Cette effervescence a attiré l’attention de Serge Carreira, directeur des marques émergentes à la Fédération de la Haute Couture et de la Mode. Une reconnaissance qui confirme que Toulouse n’est plus un simple rendez-vous régional. C’est un terrain d’expérimentation. Un espace où la mode de demain se cherche et se trouve.

Une respiration tournée vers l’avenir

L’Institut des arts et de la mode prépare déjà la suite. Des projets mêlant mode internationale, arts du spectacle et expériences immersives pourraient voir le jour dès 2026. La Toulouse Fashion Week ne suit pas les tendances. Elle ouvre des chemins. Elle ose. Elle respire. Et dans cette respiration nouvelle, la présence d’Agnès Wuyam agit comme un fil conducteur. Celui d’une mode qui ne cherche pas à briller, mais à éclairer. Celui d’une création qui ne veut pas dominer, mais toucher. Celui d’une scène toulousaine qui, plus que jamais, affirme sa place dans le paysage de la mode contemporaine.

Photos : TFW/Steven del Rio/Antoine Raziel/Matthieu Ramirez/Myriam Le Mog/Joseph Pons DSSD.photographie/Alain Montsegur/Eric Bignon/Johan Buchaudon/Christophe Castes/Runionimages1/Carolyne Shu/DR 
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