Il y a des tournois qui traversent les années comme on tourne les pages d’un album photo. L’Open Occitanie fait partie de ceux-là. Né dans l’héritage de l’ancien Open Sud de France, il a grandi sans jamais perdre son ancrage régional, comme un gamin du coin devenu champion mais qui revient toujours saluer les siens. Cette année, du 1ᵉʳ au 8 février, la Sud de France Arena retrouve son rôle de théâtre principal. Les tribunes se remplissent, les balles claquent, et l’on sent déjà que cette 16ᵉ édition ne sera pas une édition de transition. Elle sera une édition de confirmation. Confirmation que Montpellier sait accueillir le tennis de haut niveau. Confirmation que le public occitan, plus de 60 000 passionnés l’an dernier, répond toujours présent. Confirmation, enfin, que ce tournoi a su se faire une place à part dans le calendrier ATP.
Le décor s’est posé ce samedi 31 janvier, dans les locaux de Lexus à Lattes. Grosjean, sourire franc et regard affûté, a dévoilé un tableau qui a immédiatement fait réagir. À ses côtés, Arthur Géa, 21 ans, symbole de cette jeunesse française qui pousse fort, a donné le ton. Dès les premiers tours, les affiches ont une saveur particulière. Arthur Géa face à Giovanni Mpetshi-Perricard. Arthur Fils contre Valentin Royer, enfant de la région. Des duels qui sentent la poudre, mais aussi cette petite pointe de regret que connaissent tous les directeurs de tournoi quand les Français doivent s’éliminer entre eux. Et puis il y a ce possible choc qui fait déjà frémir les travées : Stanislas Wawrinka contre Felix Auger-Aliassime au deuxième tour. Pour que le rêve prenne forme, le Suisse devra d’abord écarter Hamad Medjedovic, un obstacle loin d’être anodin. Les quatre têtes de série exemptées de premier tour, Félix Auger-Aliassime, Fabio Cobolli, Tomáš Machac et Tallon Griekspoor, entreront en scène un peu plus tard, mais leur ombre plane déjà sur le tableau.
Félix Auger-Aliassime n’arrive pas à Montpellier en touriste. Il revient en champion. Sa victoire en 2025, arrachée au terme d’une finale haletante contre Aleksandar Kovacevic, reste encore dans toutes les mémoires. Un match à trois sets, tendu comme un fil, où le joueur canadien avait fini par imposer son calme et son talent. Cette année, il revient avec l’assurance de ceux qui savent ce que signifie gagner ici. Et avec l’envie, aussi, de prouver que son titre n’était pas un accident mais une étape dans une trajectoire qui continue de s’écrire.
L’Open Occitanie n’est pas seulement un tournoi. C’est une atmosphère. Une façon de vivre le tennis. Une proximité rare entre les joueurs et les spectateurs. Le Challenge des Clubs, les animations, les rencontres, tout concourt à faire de cette semaine un moment à part. Et surtout, il y a cette volonté d’ouvrir les portes. Des billets à partir de 8 euros, des pass illimités bradés à 50 % jusqu’en novembre. Une politique tarifaire qui dit clairement : ce tournoi est pour tout le monde. Pour les passionnés, pour les familles, pour les curieux, pour ceux qui veulent voir du tennis de haut niveau sans casser leur tirelire.
Seize ans après la première victoire de Gaël Monfils, l’Open Occitanie continue de tracer sa route avec la même énergie. Les stars internationales s’y succèdent, les jeunes français y trouvent un tremplin, et le public, lui, ne bouge pas. Il revient, année après année, comme on revient à un rendez-vous qu’on ne veut surtout pas manquer. Sébastien Grosjean le dit avec simplicité : il faut jouer en France. Et il faut des tournois comme celui-ci pour que le tennis continue de vivre au plus près des gens. Alors oui, le contexte est parfois compliqué. Oui, les ATP 250 se font plus rares. Mais Montpellier tient bon. Et tant que la lumière s’allumera sur la Sud de France Arena, tant que les balles rebondiront sur ce court bleu, l’Open Occitanie restera ce qu’il est : un tournoi à taille humaine, mais au cœur immense.