Il fallait oser. Lancer un 10 km en plein hiver, au cœur du 18ᵉ arrondissement, sur un tracé qui grimpe, tourne, secoue et ne pardonne rien. Mais c’est précisément ce qui fait l’âme du 10K Montmartre. Ici, pas de longues lignes droites pour dérouler. Pas de chrono facile. Pas de faux-semblants. La course serpente dans les rues étroites, s’élargit soudain sur un boulevard, replonge dans un passage pavé, puis attaque les premières rampes vers le Sacré-Cœur. Montmartre oblige, le relief devient un personnage à part entière. Plus de 150 mètres de dénivelé positif sur 10 km : un chiffre qui dit tout. On ne vient pas ici pour battre son record. On vient pour se mesurer à la butte.
Le peloton, composé en majorité de coureurs amateurs confirmés, a pris le départ avec l’envie d’en découdre, mais aussi de savourer. Car courir à Montmartre, c’est lever les yeux autant que les genoux. C’est sentir l’odeur du café qui s’échappe d’une boulangerie encore endormie. C’est entendre un « allez ! » lancé depuis un balcon. C’est croiser un escalier mythique, puis une vue dégagée sur tout Paris. Malgré le froid de janvier, le public était là, fidèle à l’esprit montmartrois : chaleureux, bruyant, un peu bohème. Une ambiance de quartier, presque intime, qui donnait à la course un parfum de fête populaire.
Pour cette grande première, ASO a offert aux participants une véritable exploration du XVIIIᵉ arrondissement. Le passage le plus redouté ? La montée de Montmartre, ses 5,6 % de pente et ses jambes qui brûlent. Un mur placé à mi-parcours, juste au moment où l’on se demande si on a bien fait de s’inscrire. Mais au sommet, la récompense : Paris à perte de vue, un souffle retrouvé, et la sensation d’être exactement là où il faut.
Chez les femmes, Lorea Irigaray a dompté la butte avec une maîtrise impressionnante. Elle s’impose en 36’33 devant Ciara Boyd-Squires Long (36’46) et Imelda Wati (37’35). Un podium dense, relevé, à l’image du parcours. Chez les hommes, Gabriel Briand a été le plus rapide, avalant les 10 km en 31’16. Derrière lui, Adrien Guillonnet (31’59) et Anthony Barrière (32’23) complètent un trio explosif. À l’arrivée, le vainqueur de cette première avait encore le sourire malgré l’effort : „Super course avec un parcours incroyable, courir dans Montmartre sans personne, c’est un régal ! On ne va pas se mentir, c’est exigeant avec le dénivelé, on le ressent bien.“ De son coté, Lorea Irigaray, elle, savourait : „J’ai adoré cette première édition, c’est vraiment une réussite, avec un parcours que je connais bien sur lequel je me suis éclatée !“
Avec cette première édition, le 10K Montmartre AG2R La Mondiale s’installe déjà comme un rendez-vous à part. Une course qui ne cherche pas la facilité, mais l’émotion. Une course qui raconte Paris autrement. Une course qui, en plein cœur de l’hiver, donne envie de remettre un dossard. Montmartre a trouvé son 10 km. Et il a déjà tout d’un classique.