MOTOGP GRAND-PRIX DU BRESIL 2026 : Marco Bezzecchi et Jorge Martín font vaciller l’empire Ducati

MOTOGP GRAND-PRIX DU BRESIL 2026 : Marco Bezzecchi et Jorge Martín font vaciller l’empire Ducati

Marco Bezzecchi continue d’écrire sa légende. En s’imposant lors du tout premier Grand Prix du Brésil de l’ère MotoGP moderne, l’Italien rejoint le cercle très fermé des pilotes capables d’enchaîner quatre victoires consécutives, aux côtés de Valentino Rossi, Marc Márquez, Jorge Lorenzo et Pecco Bagnaia. Une performance d’autant plus remarquable que la course a été raccourcie à 23 tours, une décision qui a totalement redistribué les cartes et permis à Aprilia d’effacer son déficit habituel en gestion de pneus.  Par Khalad

Le réveil du volcan à Goiânia, ce week-end brésilien, n’a pas offert de simples courses : il a libéré une décharge brute, un concentré de chaos, de talent et d’adrénaline comme seul le MotoGP sait en produire. Le circuit Ayrton Senna, cabossé, vivant, presque sauvage, a rappelé qu’un tracé peut être un juge impitoyable. Malgré l’épisode surréaliste du “trou” découvert le premier jour, Goiânia a prouvé qu’elle reste un volcan prêt à exploser à chaque passage.

Photos : MotoGP/Michelin/DR

Course Sprint : Marc Márquez, l’art de l’étranglement mental

La démonstration du jour porte un nom : Marc Márquez (Ducati). Pas le grand champion flamboyant des grandes années, mais celui, plus dangereux encore, qui gagne en étouffant son adversaire. Pendant 12 tours, il s’est glissé dans l’ombre de Fabio Di Giannantonio (Ducati VR46) sans jamais montrer ses cartes. Il a attendu l’erreur, provoqué la crispation, élargi les doutes. Quand “Diggia” a commencé à perdre quelques centimètres en entrée de virage, Marc Márquez a frappé. Une attaque chirurgicale, sans violence mais avec une autorité glaciale. À 33 ans, il rappelle que son arrivée chez Ducati n’est pas un épilogue : c’est une renaissance.

Aprilia s’installe, KTM s’essouffle

Derrière cette démonstration, Aprilia continue de monter en puissance. Jorge Martín (Aprilia) et Marco Bezzecchi (Aprilia) verrouillent les 3ᵉ et 4ᵉ places avec une régularité qui confirme que Noale n’est plus un outsider : c’est un prétendant. À l’opposé, KTM a souffert. Brad Binder (KTM) et Pedro Acosta (KTM) n’ont jamais trouvé l’adhérence sur ce bitume traître. Le jeune pilote KTM, habituellement bouillant, a dû se battre contre une moto nerveuse pour sauver une 9ᵉ place qui sonne comme un avertissement. Le premier vrai coup de frein de sa saison.

Fabio Quartararo : un souffle d’espoir

Pour Fabio Quartararo (Yamaha), cette 6ᵉ place a le goût d’un petit miracle. La Yamaha a tenu le rythme, enfin, sur un pneu tendre. Mais la M1 reste handicapée par son manque de vitesse de pointe, et Fabio compense par un pilotage à la limite, agressif, tendu, presque désespéré. Il sublime sa machine, mais combien de temps pourra‑t‑il tenir face à des rivales européennes plus complètes ?

Photos : MotoGP/Michelin/DR

Course principale : Marco Bezzecchi, patron du premier au dernier tour

Dès l’extinction des feux, Marco Bezzecchi (Aprilia) s’empare du holeshot et impose un rythme infernal. Tour après tour, il creuse l’écart, imperturbable, presque clinique. Jamais inquiété, il franchit la ligne avec plus de trois secondes d’avance et s’empare des commandes du championnat. Une démonstration d’autorité.

Jorge Martín ressuscité, Marc Márquez et “Diggia” au combat

Derrière lui, la bataille pour la deuxième place a offert un spectacle de haute volée. Marc Márquez (Ducati) et Fabio Di Giannantonio (Ducati VR46) se livrent un duel musclé, jusqu’à ce que Jorge Martín (Aprilia) surgisse pour les doubler d’un seul geste dans l’enchaînement rapide du secteur droit. Le pilote Aprilia, pourtant diminué physiquement après le Sprint, retrouve un rythme qu’on ne lui connaissait plus depuis son sacre 2024. Une fois installé en seconde position, il s’échappe et ne sera plus revu. En fin de course, “Diggia” reprend l’avantage sur Marc Márquez (Ducati) et arrache un podium mérité, laissant le champion du monde en titre hors du top 3 pour une nouvelle fois.

Aprilia en force, Fermin Aldeguer héroïque

La belle opération du jour est pour Aprilia avec Marco Bezzecchi vainqueur, Jorge Martín 2ᵉ, Ai Ogura (Aprilia Trackhouse) 5ᵉ après avoir dominé Álex Márquez (Ducati Grésini). Un tir groupé impressionnant qui confirme la montée en puissance de Noale. Fermin Aldeguer (Ducati Gresini) s’offre une belle 8ᵉ place, malgré une fracture du fémur encore récente.

Photos : MotoGP/Michelin/DR

Les pilotes français entre satisfaction et frustration

Johann Zarco (Honda LCR) signe son premier top 10 de la saison avec une solide 9ᵉ place, un résultat encourageant après des qualifications difficiles. Fabio Quartararo (Yamaha), lui, vit un dimanche amer : un mauvais départ le fait chuter du 4ᵉ au 9ᵉ rang dès le premier tour, et il ne parvient jamais à retrouver le rythme. Il termine 16ᵉ, englué avec les autres Yamaha.

Chutes, bosses et héros locaux

Le virage 4, véritable piège du week‑end, a encore frappé : Joan Mir (Honda) en fait les frais et doit abandonner. La star brésilienne Diogo Moreira (Honda LCR), portée par 60 000 fans, signe une course propre et termine 13ᵉ, marquant des points pour son premier GP à domicile.

Photos : MotoGP/Michelin/DR