À l’inverse, les frères Márquez, pourtant au cœur de toutes les batailles, ont vu leurs ambitions s’écrouler. Marc piégé par une crevaison, Álex victime d’une chute. Un Grand Prix où la hiérarchie a vacillé, et où Marco Bezzecchi (Aprilia) a rappelé qu’il faudra compter sur lui dans la lutte pour la couronne 2025.
Course Sprint : Pedro Acosta la tient enfin
À Buriram, personne n’imaginait que Pedro Acosta (KTM) décrocherait sa première victoire MotoGP lors du Sprint. Le jeune prodige de KTM s’élançait certes parmi les favoris, mais c’est Marc Márquez (Ducati) qui réalisait le holeshot, prenant immédiatement les commandes devant Marco Bezzecchi. Les deux hommes se livrent alors un duel de folie, roue contre roue, jusqu’à ce que le leader transalpin parte à la faute après seulement 3 tours. Une chute qui semblait ouvrir un boulevard à Marc Márquez… mais c’était sans compter sur l’insolence de talent du jeune pilote KTM.
Libéré de Marco Bezzecchi, Marc Márquez pense pouvoir contrôler la course. Mais derrière lui, Pedro Acosta hausse le ton. Au 8ᵉ tour, le nᵒ 37 porte une première attaque, se fait repasser, puis réplique. Les deux pilotes espagnols échangent la tête de la course comme deux boxeurs se rendant coup pour coup. Le dernier tour vire à l’épopée : Marc Márquez tente un dépassement musclé dans le dernier virage de l’avant-dernier tour. La direction de course juge la manœuvre illégale. Verdict : Marc Márquez doit rendre la position… à quelques courbes de l’arrivée. Pedro Acosta récupère la tête et file vers sa première victoire MotoGP, un moment fondateur. Raul Fernández confirme, Aprilia sauve les meubles. Derrière ce duel dantesque, Raúl Fernández (Aprilia Trackhouse) signe un nouveau podium, confirmant la montée en puissance du team Trackhouse. Il devance les Aprilia d’Ai Ogura (Aprilia Trackhouse) et de Jorge Martín (Aprilia), auteur de son meilleur Sprint depuis Valence 2024.
Pecco Bagnaia (Ducati), parti 13ᵉ, arrache la 9ᵉ place, juste devant le pilote français Johann Zarco (Honda LCR), lequel visait le top 10. Plus loin, Fabio Quartararo (Yamaha), en manque de rythme, se classe 16ᵉ derrière Jack Miller (Yamaha Pramac), meilleure Yamaha. Chez les rookies, Diogo Moreira (Honda LCR) signe une course solide, tandis que Toprak Razgatlıoğlu (Yamaha Pramac) découvre la rudesse du MotoGP avec une première chute.
Course principale : Marco Bezzecchi au-dessus
Le dimanche, Marco Bezzecchi revient en piste avec une rage froide. Tombé la veille, le pilote italien transforme sa pole en départ canon et ne sera jamais inquiété. Tour après tour, il impose un rythme infernal et décroche sa troisième victoire consécutive, un exploit inédit pour lui comme pour Aprilia. Raul Fernández encore brillant, Pedro Acosta irrésistible Derrière lui, Raúl Fernández confirme son statut de révélation du week‑end. Il dépasse rapidement Marc Márquez, puis profite de la bataille pour la troisième place pour creuser l’écart. Cette bataille, entre compatriotes, fut justement un chef‑d’œuvre : Marc Márquez, Jorge Martín et Pedro Acosta se livrent un combat d’une intensité rare. Jorge Martín défend, Pedro Acosta attaque, Marc Márquez observe jusqu’à ce que le second cité trouve enfin l’ouverture. Mais tel un renard, le champion du monde en titre les met tous d’accord en profitant de l’aspiration des deux motos. Mais ce sera de courte durée, la Ducati officielle ne peut suivre le rythme et perd du terrain. Pedro Acosta continue son offensive et remonte ensuite sur Raúl Fernández et lui arrache la seconde place.
Alors qu’il semblait assuré de la 4ᵉ place, Marc Márquez franchit une bordure, endommage sa jante arrière et subit une crevaison. Abandon. Quelques instants plus tard, Álex Márquez (Ducati Gresini) chute lui aussi. Week‑end noir pour la fratrie. Joan Mir (Honda) trahi, Ai Ogura récompensé. Promu 5ᵉ après les abandons, Joan Mir voit sa course s’arrêter sur un problème mécanique. C’est finalement Ai Ogura qui complète le top 5, offrant à Aprilia un résultat collectif monumental : quatre machines dans les cinq premières places. Les pilotes français : Johann Zarco solide et Fabio Quartararo opportuniste. Johann Zarco, longtemps dans le rythme du top 10, termine 11ᵉ après une dégradation sévère de ses pneus. Fabio Quartararo, malgré un week‑end compliqué, profite du chaos pour marquer deux points précieux en 14ᵉ position.
Un week‑end thaïlandais qui redistribue les cartes, entre la première victoire de Pedro Acosta, la domination totale de Bezzecchi, la renaissance de Raul Fernández et les déboires des frères Márquez, ce Grand Prix de Thaïlande aura été un tournant majeur de la saison.