Les quatre rôles principaux sont portés par une distribution admirable : Bernard Campan incarne l’homme d’Église, Isabelle Carré prête ses traits à sa sœur, et Alexandra Lamy interprète la gouvernante. Enfin, l’exceptionnel Grégory Gadebois (Tout s’est bien passé, La Plus Précieuse des marchandises) exprime avec une intensité rare le combat intérieur de Jean Valjean.
Nous sommes en 1815. Après dix-neuf années de travaux forcés, de violence et de souffrance pour le vol d’un morceau de pain, Jean Valjean est enfin libéré. Consumé par la colère et un profond sentiment d’injustice, il est devenu un homme redoutable qui ne fait plus confiance à personne. Tandis qu’il erre désespérément à travers le sud de la France en quête d’un abri, il se heurte à des refus systématiques dans chaque village qu’il traverse.
C’est alors qu’il trouve, sans le savoir, refuge et hospitalité chez l’évêque Bienvenu, qui mène une vie modeste aux côtés de sa sœur et de sa servante. Jean Valjean est bouleversé par l’accueil chaleureux du prélat, et ses démons intérieurs commencent peu à peu à s’effacer. Pourtant, les désirs de vengeance et les préjugés des villageois ne le lâchent pas. Parviendra-t-il malgré tout à devenir un homme nouveau ? Jean Valjean se trouve désormais à la croisée des chemins de son existence.
Un triomphe de l’humanité : quand l’espoir renaît de la fureur
S’attaquer au monument de Victor Hugo est un défi de taille, mais le réalisateur Éric Besnard (Délicieux, Les Choses simples) relève le pari avec une audace et une intimité bouleversantes. En se concentrant sur les 150 premières pages du roman, il nous livre une œuvre puissante sur la genèse d’un héros, explorant la métamorphose d’une âme brisée par l’injustice.

© Copyright 2026 | Happy Entertainment
L’anatomie d’une âme meurtrie
Le film s’ouvre sur la douleur pure. À travers des flashbacks d’une rare intensité, Besnard dépeint les dix-neuf années de bagne non seulement comme un calvaire physique, mais comme une entreprise de destruction systématique de l’individu. Grégory Gadebois livre ici une performance magistrale, habitée. Son Valjean n’est pas un simple criminel, mais un homme acculé, dont le regard brûle d’une colère sourde et d’une méfiance viscérale. La manière dont Gadebois extériorise ce combat intérieur — entre le « monstre » façonné par la société et l’homme sensible qu’il fut autrefois — est tout simplement époustouflante.
Un huis clos de grâce et de lumière
Le cœur battant du film réside dans la rencontre salvatrice avec Monseigneur Bienvenu. Ici, Besnard fait preuve d’une immense finesse. Bernard Campan incarne ce prélat avec une autorité douce, loin de tout moralisme pesant. Aux côtés d’Isabelle Carré et d’Alexandra Lamy, il crée un foyer de chaleur humaine qui offre un contraste saisissant avec la froideur implacable du monde extérieur. Il est fascinant de voir les « démons intérieurs » de Valjean vaciller face à une telle hospitalité.
Une langue intemporelle pour un récit moderne
L’une des plus grandes réussites du film réside dans son écriture. Besnard réussit le tour de force de marier la grandiloquence du XIXe siècle à une urgence contemporaine. Le langage de Hugo, magnifié, résonne avec une pertinence absolue pour le public du XXIe siècle. Ce n’est pas un simple drame historique en costumes, mais un plaidoyer vibrant pour la résilience et la puissance du pardon.
Verdict
LES MISÉRABLES – L’histoire de Jean Valjean est une expérience cinématographique fulgurante. Le film nous place à la croisée des chemins et pose cette question universelle : un homme peut-il se reconstruire quand il n’a connu que la haine ? Grâce à une distribution hors pair et une mise en scène centrée sur l’humain, le classique de Hugo devient plus vivant et nécessaire que jamais.
Un rendez-vous incontournable pour les amoureux du septième art et pour quiconque croit encore en la force de la bonté.
Un film d’Éric Besnard
Avec Grégory Gadebois, Bernard Campan, Isabelle Carré, Alexandra Lamy
France 2025 I 98 min.
Au cinéma dès le 2 avril 2026.
