Il suffisait d’arriver devant le bâtiment pour comprendre que quelque chose de rare se préparait. Une file d’attente interminable serpentait déjà sur le trottoir, mélange de kids surexcités, de danseurs venus de loin et de curieux attirés par le bruit qui montait. En quelques minutes, la salle affichait complet. Et dehors, des dizaines de personnes ont dû renoncer, faute de place. Un signe clair : le IT Battle n’est plus un événement local. C’est devenu un aimant. À l’intérieur, l’énergie ne retombait jamais. Chaque entrée de danseur déclenchait un cri, chaque freeze arrachait des bras levés, chaque round faisait vibrer les murs. Une ambiance brute, dense, électrique, comme seuls les vrais événements hip-hop savent en créer.
Le breaker japonais Isaki a signé l’un des moments les plus marquants de la soirée en éliminant Lighting, l’olympien chinois et favori du public. Une claque. Une preuve que rien n’est jamais écrit dans un cypher. Et puis il y a eu Aniss. Organisateur, danseur, enfant de Montreuil, figure du BoxCrew. Quand il est entré sur scène, la salle a explosé. Sa famille, ses amis, son quartier, tout Montreuil semblait danser avec lui. Autodidacte, rassembleur, bâtisseur, il incarne ce que le breaking peut offrir de plus beau : une porte ouverte, un chemin, une fierté. Pour beaucoup de jeunes, il est devenu un modèle. Pour la ville, il est un symbole. Les outsiders, eux aussi, ont brillé. Ici, personne n’est un figurant. Sur cette scène, tout le monde peut devenir une star. Et c’est peut-être ça, la vraie force du IT Battle.
BoxCrew (collectif local qui s’impose comme un acteur incontournable sur la scène mondiale), avec l’appui de Formless Corp (acteur mondialement reconnu dans le breaking), n’a pas seulement organisé un événement, ils ont construit une expérience. La scénographie, moderne, nerveuse, appuyée par des animations 3D, donnait l’impression d’entrer dans un univers à part. Le live stream, impeccable, a permis au monde entier de suivre l’événement. Sur les réseaux, les images tournent déjà en boucle, cumulant des millions de vues. Et puis il y a cette couronne, simple, puissante, iconique. Elle est devenue l’emblème du IT Battle, un symbole que toute la scène reconnaît désormais. Une identité visuelle forte, assumée, qui place l’événement au niveau des plus grandes productions internationales.
Cette 3ᵉ édition a réuni un casting impressionnant. Parmi les noms qui ont marqué la soirée : Saturn (Taïwan), vainqueur Kidz/Super Kidz, la jeune bigirl nippone Hyio, du team Eeight, lauréate chez les femmes et la vedette japonaise Hiro 10, membre de Formless Corp, qui, en disposant en finale de son compatriote Isaki, remporte le titre pour la deuxième année consécutive. Une sélection qui confirme le rayonnement mondial du IT Battle.
L’ambition était folle, prouver qu’un événement indépendant peut rivaliser avec les mastodontes du circuit et à ce jeu : mission accomplie. Le rythme du show, la qualité des battles, la direction artistique, l’énergie collective… tout était calibré pour offrir une expérience totale, accessible, vibrante, mémorable.
Le IT Battle 2026 n’était pas juste une soirée, c’était une déclaration. Une preuve que le breaking peut atteindre les sommets sans perdre son âme. Une démonstration de force, portée par des passionnés qui refusent de se limiter. La prochaine édition est déjà annoncée pour le z1 mars 2027. Et si l’on en croit ce qui s’est passé dimanche, elle risque de dépasser tout ce qu’on a vu jusque-là.
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