Ils étaient venus avec l’allure des conquérants, le souffle chargé des victoires passées. Paris avait dompté Reims puis écrasé l’Inter Milan et Luis Enrique avait tissé autour de ses joueurs une ambition presque céleste. Gianluigi Donnarumma en gardien des espérances, Achraf Hakimi et Nuno Mendes en sentinelles des ailes, Marquinhos en capitaine de cœur et Lucas Beraldo en promesse vigilante. Au milieu, la finesse de Vitinha, le calme de Fabian Ruiz et la fougue de Joao Neves façonnaient le rythme. Devant, l’élégance électrique de Khvicha Kvaratskhelia, l’audace de Désiré Doué et l’ombre fulgurante d’Ousmane Dembélé tendaient leurs flèches vers la gloire. Mais face à cette constellation, Chelsea ne tremblait pas. Robert Sanchez, impassible, gardait les portes du royaume. Trevoh Chalobah, Levi Colwill et Marc Cucurella tenaient le rempart. Malo Gusto et Reece James donnaient de la cadence, tandis qu’Enzo Fernandez et Moises Caicedo faisaient parler la science du jeu. En attaque, le jeune Cole Palmer, espoir montant, dansait avec Joao Pedro et Pedro Neto dans un ballet bien orchestré.
Dès les premières mesures, Chelsea dictait la partition. À la 6ᵉ minute, Malo Gusto lançait les premières notes dans la surface parisienne, et à la 8ᵉ, Cole Palmer frôlait déjà l’ouverture du score d’une frappe venue d’ailleurs. Paris chancelle, perd son souffle. Puis survint l’ouverture. Un centre tendu de Gusto, une reprise implacable de Palmer. Le PSG est averti : cette fois, ce n’est pas un duel, c’est un sacre londonien en devenir (1-0, 22ᵉ). Et la suite fut une chute poétique. Levi Colwill glissa un ballon rêveur vers Palmer, qui décroisa sa frappe avec l’élégance d’un écrivain signant son chef-d’œuvre (2-0, 29ᵉ). Le PSG, sonné, sombrait. Joao Pedro, guidé par la vision de Palmer, achevait la première partie d’un tir sous la barre comme un cri muet dans la nuit (3-0, 44ᵉ).
À la reprise, il y eut un sursaut. Désiré Doué, infatigable, servait Ousmane Dembélé au premier poteau, mais Robert Sanchez repoussait, stoïque, gardien de la lumière. Puis la nuit retomba. Chelsea s’arma de patience et de technique. Liam Delap força Donnarumma à une parade magistrale (68ᵉ), et l’exclusion de Joao Neves (85ᵉ) scella le sort des parisiens, perdus entre nervosité et désespoir.
Dans une finale qui restera comme une œuvre aux accents dramatiques, Chelsea s’est affirmé comme le seigneur du nouveau monde. Seconde étoile mondiale, première dans ce format, les Blues ont fait bien plus que gagner : ils ont raconté une histoire. Paris, malgré ses héros et sa grandeur, termine dans l’ombre. Mais l’ombre n’est-elle pas le prélude à une nouvelle lumière ?