Chez le designer néerlandais, les vêtements ne se contentent pas d’habiller. Ils chuchotent, se dédoublent, se dérobent. Une robe devient sculpture, un tailleur se transforme en architecture mouvante. Les volumes se gonflent, se creusent, se replient, comme si chaque pièce possédait une vie intérieure. On croit voir une silhouette, puis une autre apparaît, selon l’angle, la lumière, le pas du mannequin. Cette mode-là n’est pas figée. Elle respire.
Duran Lantink adoucit son expérimentation pour la rapprocher du réel. Les bodys sculpturaux, les tailleurs affûtés, les robes aux proportions décalées se mêlent à des pièces plus sages, presque familières. Comme si la haute couture acceptait, l’espace d’un instant, de descendre dans la rue sans perdre son mystère. La collection devient un vestiaire hybride, où l’audace se glisse dans les plis du quotidien.
Et puis, soudain, la magie éclate. Alex Consani apparaît dans une longue robe ornée du visage de Marlene Dietrich. Elle avance, se retourne… et une fumée légère s’échappe de ses cheveux plaqués, comme si l’image imprimée sur la robe s’était mise à vivre. Un instant de cinéma, un clin d’œil à l’esprit Gaultier : la mode comme performance, comme illusion, comme jeu.
Androgynie, sensualité, subversion : les codes des années 90 reviennent, mais filtrés par une poésie nouvelle. Les silhouettes gender-fluid glissent avec une élégance tranquille. Les illusions visuelles se font sourire. L’humour, discret mais présent, rappelle que chez Jean Paul Gaultier, la différence n’est pas un manifeste : c’est une joie. Avec cette deuxième collection, Duran Lantink trouve son rythme. Une voix plus sûre, plus libre, qui respecte l’esprit de la maison tout en ouvrant une porte vers un ailleurs.
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