FASHIONWEEK DE PARIS DÉFILÉ DIOR AUTOMNE/HIVER 2026 : Au bord de l’eau, la poésie des nénuphars

FASHIONWEEK DE PARIS DÉFILÉ DIOR AUTOMNE/HIVER 2026 : Au bord de l’eau, la poésie des nénuphars

Pour l’automne/hiver 2026, Jonathan Anderson a transformé les Tuileries en un étang imaginaire, convoquant Claude Monet, Christian Dior et ses propres obsessions pour offrir un défilé d’une douceur presque irréelle. Une promenade entre rêve et réalité, où les silhouettes semblaient flotter comme des nénuphars au fil de l’eau. Par Khalad

Un étang au cœur de Paris

Il fallait voir les Tuileries ce matin-là. Le jardin, d’ordinaire traversé par les joggeurs et les touristes, s’était mué en un paysage suspendu, presque silencieux. Au centre, un immense nénuphar, posé comme une île, accueillait les invités. On s’y asseyait comme des grenouilles élégantes, prêtes à observer un ballet aquatique. Autour de la fontaine, des murs végétaux formaient un écrin. L’eau reflétait le ciel gris de mars, et les nénuphars installés par Dior semblaient flotter avec une grâce étudiée. Jonathan Anderson, fasciné par Claude Monet, avait voulu recréer cette sensation d’immersion totale. Une peinture vivante, mouvante, respirante.

Photos : Dior/Kbsp/Getty Images/DR

Un créateur-touriste qui observe Paris autrement

Jonathan Anderson, qui avoue se sentir „toujours comme un touriste à Paris“, a puisé dans cette sensation d’émerveillement perpétuel. Les chaises vertes des parcs, les promenades du XVIIIᵉ siècle, les silhouettes qui flânent dans le Marais ou à Hackney… Tout cela nourrit sa vision. Il parle de psychologie, d’appartenance, de ces gestes simples qui disent qui l’on est. Avant, on s’habillait pour montrer son rang. Aujourd’hui, on s’habille pour dire ce que l’on ressent. Cette collection en est la preuve : elle ne cherche pas la perfection, mais l’émotion.

Un front row qui flotte lui aussi

Sur le grand nénuphar Dior, les invités semblaient eux aussi faire partie du décor. Alexa Chung, Anya Taylor-Joy, Robert Aramayo, Hyunjin de Stray Kids… Tous observaient ce jardin transformé en scène impressionniste. Le vent faisait frémir les feuilles, les reflets tremblaient, et l’on avait l’impression d’être entré dans un tableau.

Photos : Dior/Kbsp/Getty Images/DR

Quand Claude Monet rencontre Christian Dior

Les silhouettes arrivaient comme des fleurs qui s’ouvrent. Les trois premiers looks, tutus à volants et traînes légères, évoquaient des pétales prêts à se détacher. Les chemises péplum, signature d’Anderson depuis son arrivée chez Dior, redessinaient la taille avec une précision presque architecturale. Les robes du soir, en mousseline rose poudré ou blanche, semblaient flotter au-dessus du sol. On aurait dit des nénuphars prêts à éclore. Par endroits, des superpositions de tissu créaient des volumes arrondis, presque amphibies, comme si les mannequins sortaient tout juste de l’eau. Les nuances de vert mousse, les plis délicats, les pétales surdimensionnés… Tout rappelait l’étang, la fleur, la nature qui respire.

Une silhouette grenouille, mais couture

Il y avait quelque chose de ludique, presque enfantin, dans ces silhouettes légèrement bombées au niveau des hanches et du dos. Une manière subtile d’évoquer la grenouille sans jamais tomber dans le costume. Anderson joue avec les références, les détourne, les adoucit. Il crée un monde où l’on peut être femme, fleur, animal, tout à la fois. Et puis, il y avait les chaussures. Des escarpins vert vif, ornés d’un nénuphar miniature et de sa feuille. Un détail délicieux, presque magique, comme un clin d’œil à un conte.

Photos : Dior/Kbsp/Getty Images/DR

Une promenade qui devient un rêve

Ce défilé n’était pas seulement une collection. C’était une promenade. Une dérive. Un moment où l’on oublie Paris, le bruit, la foule, pour entrer dans un univers où tout flotte, tout glisse, tout respire. Jonathan Anderson, en moins d’un an chez Dior, a déjà imposé une signature : une mode qui raconte des histoires, qui s’autorise la douceur, qui ose la poésie. Une mode qui, comme les nénuphars de Monet, déforme les reflets pour mieux révéler la profondeur.

Photos : Dior/Kbsp/Getty Images/DR
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