WORLD KIDZ BREAKING CHAMPIONSHIP : Ljubljana met le monde en spin, les kids font le reste

WORLD KIDZ BREAKING CHAMPIONSHIP : Ljubljana met le monde en spin, les kids font le reste

En cinq ans, le World Kidz Breaking Championship est passé d’une idée échangée en marge d’un jam à Ljubljana à un rendez‑vous mondial incontournable. Un lieu où les plus jeunes b-boys et b-girls du globe viennent mesurer leur talent, défendre leur style et écrire, déjà, une part de l’histoire du breaking. Voici comment un projet né du terrain est devenu la référence absolue de la scène kids. Par Khalad

Rêve franco/slovène devenu un phénomène mondial

À l’origine du WKBC, il y a une rencontre, presque anodine, mais visionnaire. Huit ans plus tôt, lors du DPC Jam, Abdellaziz Bakiz et OG Samson discutent de ce qui manque à la culture. L’un est un pionnier des battles en ligne, fondateur de Formless Corp, une équipe de jeunes talents internationaux qui a marqué l’histoire récente du breaking par son ascension fulgurante. L’autre est une légende vivante, figure du breaking européen depuis 1983, coach de champions slovènes comme Tasic et Jonshon. Tous deux partagent le même constat : il n’existe pas d’événement indépendant, pensé pour la jeunesse, avec un vrai cadre, des valeurs solides et une vision claire. Alors ils décident de créer ce qui n’existait pas encore. Un espace où les kids peuvent s’exprimer librement, entourés de leurs familles, dans un environnement sécurisé, sans jamais trahir l’essence du hip-hop. Cinq ans plus tard, ce pari fou est devenu un championnat mondial.

Photos : Formless Corp/World Kidz/BSMK Photo/DR

Plateforme où les jeunes écrivent déjà l’avenir

Le WKBC n’est pas un simple tremplin. C’est une scène à part entière, un lieu où l’élite mondiale des jeunes danseurs se retrouve. Le championnat est ouvert à tous, du débutant au prodige déjà confirmé. Cette ouverture fait partie de son ADN, chacun peut tenter sa chance, vivre l’expérience, se confronter à la réalité du niveau international. Mais dès les phases finales, tout bascule. Le niveau explose. On assiste à ce qui se fait de mieux au monde chez les jeunes. Les battles deviennent d’une intensité rare, portés par des danseurs qui, malgré leur âge, évoluent déjà comme des athlètes de haut niveau. Et les résultats parlent d’eux‑mêmes. Plusieurs anciens participants sont aujourd’hui des références mondiales : Carla Firebird et CCHANGE chez les B-Girls, Jeff Attack et Hiro 10 chez les B-Boys. Ces deux derniers ont même atteint le top 16 mondial aux Jeux olympiques de 2024. Le WKBC est un lieu d’émergence mais aussi un espace où les meilleurs viennent affirmer leur statut.

Une équipe artistique d’exception et un esprit hip-hop intact

L’un des secrets du WKBC, c’est la qualité de son équipe artistique. Jury, DJs, hosts, tous sont parmi les meilleurs représentants du mouvement à l’échelle internationale. Ils viennent pour une seule raison, retrouver la joie, l’énergie et l’esprit originel du hip-hop. Cette dimension humaine est au cœur de l’événement. Elle en fait une expérience unique, loin des formats trop institutionnels ou déconnectés du terrain. Le projet s’appuie aussi sur une structure solide. Deux sociétés de production, EKSTREM et FM Agency, accompagnent son développement. Le tout se déroule en plein centre-ville de Ljubljana, avec le soutien du maire, preuve de la reconnaissance institutionnelle du championnat. Une implantation urbaine forte, qui donne au WKBC une visibilité rare et une immersion totale dans la culture.

Photos : Formless Corp/World Kidz/BSMK Photo/DR

Portée internationale impressionnante

En cinq ans, le WKBC a pris une dimension mondiale. Quelques chiffres suffisent à mesurer l’ampleur : plus de 5 000 spectateurs sur deux jours, plus de 500 participants, danseurs, coachs et familles et plus de 20 qualifications organisées à travers le monde avec pas moins de 49 pays représentés. Le WKBC est devenu une véritable plateforme globale, un carrefour où les cultures, les styles et les générations se rencontrent.

Deux jours de compétition, deux jours de montée en puissance

Le championnat se déroule sur deux jours, avec une organisation pensée pour offrir progression, performance et spectacle.

Jour 1 : la scène kids.

Les présélections, les top battles et les finales se succèdent sur la scène principale. Les catégories vont des U10 aux U18. La catégorie KIDZ, notamment chez les moins de 14 ans, impressionne chaque année. À cet âge, certains évoluent déjà à un niveau élite mondiale. Tous les pays sont représentés. La diversité est totale. Et le niveau, vertigineux.

Jour 2 : l’ouverture à toutes les générations

Le deuxième jour élargit le terrain de jeu. Toprock, footwork, powermove pour les puristes, et le 2 vs 2 Formless Multiverse Battle World Final. Cette journée crée un pont entre les générations, un dialogue entre les styles, une célébration totale du breaking.

Photos : Formless Corp/World Kidz/BSMK Photo/DR

ADN unique, la culture avant tout

Ce qui distingue profondément le WKBC, c’est son ADN. Sa souplesse, sa réactivité, sa proximité avec les danseurs. Ici, pas de distance, pas de froideur. Le projet est porté par des acteurs du terrain, des b-boys et b-girls connectés à l’esprit du hip-hop. Rien n’est artificiel. Tout est authentique. Son slogan, “We Are All Stars”, résume parfaitement cette vision. Chaque participant compte. Chaque danseur a de la valeur. Peu importe l’âge, le niveau, l’origine. Tout le monde mérite d’être considéré comme une star. Cette philosophie crée une dynamique unique, une atmosphère que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Cinq ans plus tard, une évidence

En cinq ans, le World Kidz Breaking Championship a prouvé qu’un projet né du terrain, porté par des passionnés et fidèle à la culture, pouvait devenir la référence mondiale du breaking chez les jeunes. Et si, finalement, les vraies stars étaient déjà là, sous nos yeux, depuis le début…

Photos : Formless Corp/World Kidz/BSMK Photo/DR