Dans le hall 7 de la Porte de Versailles, Rétromobile déroule une édition dense, verticale, presque labyrinthique. Marchands prestigieux, clubs, enchères, pièces rares, livres, accessoires… Le salon monte en gamme, mais conserve cette atmosphère unique où l’on passe d’un stand princier à un atelier improvisé en quelques mètres.
L’exposition Bugatti orchestrée par le musée de Mulhouse fait sensation avec ses prototypes jamais vus, son autorail à moteur de Royale et ses pièces d’avant-guerre. Ferrari, omniprésente, aligne une douzaine de Daytona comme un chœur rouge vif. Les supercars des années 90 côtoient les icônes des années 50, toutes affichées à des prix qui donnent le tournis. Une exposition inédite dédiée à Steve McQueen célèbre les 50 ans du salon des voitures de collection à la porte de Versailles. Les passionnés français y présentent une reconstitution fidèle de l’univers Bullitt, avec la mythique Mustang Fastback de 1968, recréée dans ses moindres détails. L’exposition rappelle aussi la passion de McQueen pour la course et la moto, illustrée par une Triumph installée sur un pick-up Ford F100 ayant appartenu à Bud Ekins, son ami et célèbre cascadeur.

Pour la troisième année consécutive, les motos ne sont plus un simple clin d’œil. Elles forment un véritable plateau, riche et cohérent. Ducati fête ses 100 ans avec un stand irrésistible : 916, 888, Panigale V4, Sport Classic 1000, et même la MotoGP de Jack Miller. Kawasaki retrace l’histoire de ses roadsters Z, de la Z900 de 1973 à la Ninja H2R. Triumph joue la carte du muscle britannique avec les Scrambler 900 et 1200 XE, et la Rocket 3 au trois cylindres démesuré. Royal Enfield raconte un siècle d’aventure, de la Project Origin 1901 à la Bullet 650. Et puis il y a les originaux : Maeving et ses électriques rétro, Midual et ses motos d’exception, FCR Custom et ses préparations sculpturales.
En haut, les enchères et les stands luxueux où l’on discute millions autour d’une coupe. En bas, les clubs, les pièces, les bénévoles, le saucisson et le vin rouge. Les motos, elles, circulent entre ces deux univers, rappelant que la passion mécanique n’a pas de frontières.

Rétromobile s’embellit, s’internationalise, rêve d’Amérique. Mais le salon n’oublie pas ce qui le fait vibrer depuis 50 ans : les collectionneurs, les clubs, les artisans, les passionnés. Tant que cette énergie-là restera, Rétromobile continuera d’être plus qu’un salon. Un lieu où l’histoire roule encore.