Vernissage de l’exposition EX.PDF : Exposer les écritures exposées

EX.PDF : Exposer les écritures exposées Avec Adrien Abline, Julie Béna, Clélia Berthier, Étienne Bossut, Nicolas Chardon, Claude Closky, Claudia Comte, Guillaume Constantin, Antonio Contador, John Cornu, Bruno Di Rosa, Peter Downsbrough, Ivan Liovik Ebel, Christelle Familiari, Michel François, Ann Guillaume & Tom Bücher, Ann Veronica Janssens, Joséphine Kaeppelin, Isabelle Lartault & Michel Verjux, Quentin Lefranc, Muriel Leray, Claude Lévêque, Jonathan Loppin, Mathieu Mercier, Grégoire Motte, Samir Mougas, Pierre la Police, Éric Pougeau, Marine Provost, Babeth Rambault, Francis Raynaud, Lili Reynaud-Dewar, Claude Rutault, Éléonore Saintagnan, Yann Sérandour, Agnès Thurnauer, Hélène Travert, Mathieu Tremblin, Capucine Vandebrouck,

Concept éditorial et curatorial, EX.PDF [EX.Portable Document Format1] explore différentes formes d’écritures d’ores et déjà montrées publiquement que ce soit dans un cadre urbain, éditorial ou encore artistique. En relation avec des pratiques contemporaines, EX.PDF propose un ensemble d’images réunies dans un porte-document. Édité en 15 exemplaires et intimement lié au principe du « Do It », ce dernier a pour vocation d’embrayer plusieurs expositions, sous l’impulsion de différents curateurs au sein de différents lieux d’exposition.

Exponentiel, EX.PDF réunit ainsi plus d’une quarantaine de propositions – croquis, fragments textuels, vues d’expositions, photographies documentaires, caviardages, etc. – qui, chacune à leur manière, mettent en lumière, au fil des monstrations et des contextes, des effets de sens relatifs aux écritures (ré)exposées. Ce projet est élaboré en partenariat avec le CELLAM (Centre d’Études des Langues et Littératures Anciennes et Modernes de l’université Rennes 2) dans le cadre du projet EX² (numéro de label EA3206), et est labellisé par la MSHB (Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne), sur une proposition du label hypothèse.

Structure collective de production et de diffusion d’art contemporain, le label hypothèse, né en 2007, est un groupe à géométrie variable, qui propose une remise en question de la figure curatoriale traditionnelle. Il s’agit en effet de substituer au commissaire l’ensemble des personnes qui œuvrent pour produire l’exposition : artistes, commissaires, critiques, régisseurs, assistants d’artistes, de galeries, etc. En d’autres termes, de renouer avec la notion un peu éteinte de coopérative et de privilégier la voix du collectif à celle du commissaire-auteur dans la mise en place d’initiatives curatoriales et éditoriales.

Diplômée du Master 2 professionnel Sciences et Techniques de l’Exposition à Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2007, j’ai rejoint le collectif en 2009, l’année de sa structuration en association, à l’occasion de Nous ne vieillirons pas ensemble. Cette exposition athématique qui regroupait des artistes de différentes générations, dont les formes de production interrogeaient la notion d’auteur et les différents modes d’existence de l’œuvre d’art, a été présentée entre 2008 et 2010 au sein de différents lieux à Paris et en région parisienne. Nous ne vieillirons pas ensemblepointait également certains champs d’action du commissaire d’exposition et les phénomènes de « post- production ».

Ayant participé à une quinzaine d’expositions avec le label hypothèse, j’ai pris mes distances il y a quelques années tout en continuant de suivre leurs différents projets, notamment EX.PDF. Première occurrence en 2016 à la Galerie Art & Essai à Rennes, il a été exposé au ZQM à Berlin puis Les Brasseurs – Art contemporain à Liège en 2017, ensuite à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles à Bruxelles, à Mains d’Oeuvres à Saint-Ouen et aussi au Frac Bretagne à Rennes en 2018. Il s’agit donc de la septième pour le Centre d’Art Contemporain de Nîmes .

Les 41 affiches de format 60 x 80 cm, en noir et blanc, imprimées sur papier cyclus 170g prennent donc place dans le second espace du CACN. Sa surface étant de 14m², l’accrochage est en conséquence dense, rappelant d’ailleurs celui des Salons de peinture et de sculpture apparus à Paris à la fin du XVIIème siècle, exposant les œuvres des artistes agréées originellement par l’Académie royale de peinture et de sculpture, puis par l’Académie des beaux-arts. D’autre part, EX.PDF, exposition protocolaire en 15 articles et en 15 exemplaires, fait écho au do it. Né d’une discussion à Paris en 1993 entre les artistes Christian Boltanski et Bertrand Lavier ainsi que le commissaire Hans-Ulrich Obrist2 qui expérimentait comment les formats d’exposition pouvaient être rendus plus souples et ouverts, do it est devenu une exposition3 ainsi qu’un catalogue en 2013, avec plus de 40 itinérances internationales. Le principe est le suivant : impliquer l’institution d’accueil, les visiteurs et les artistes invités qui doivent réaliser eux-mêmes les œuvres, celles-ci étant constituées uniquement d’instructions à accomplir. EX.PDF existe aussi selon un mode d’emploi et le temps de l’exposition seulement : en effet selon l’article 14, les documents composants le portfolio doivent être détruits. Certes une exposition est en soit éphémère, avec un début, une durée et une fin, mais celle-ci ne pourra être encore activée que huit fois. Le mode opératoire – l’un des seuls champs d’action possible pour le commissaire activant l’une des 15 éditions – que j’ai choisi pour cette 7ème occurrence, est tout simplement l’ordre d’apparition des posters dans le porte-document. Ni règle, ni hasard, mais la disposition, logique (pré-)définie. Clin d’œil à l’exposition Comme elle vient4 organisée par le label hypothèse en 2011, je collais l’affiche qui s’offrait à moi, après avoir réparti l’ensemble en deux tas (formats verticaux et horizontaux), devant prendre tout de même en compte les contraintes de l’espace (portes, recoin, marche, sortie de secours…), mais l’idée étant de jouer avec le lieu. La difficulté a été finalement de choisir par quel mur commencer, ensuite le principe appliqué a été le suivant : de gauche à droite, de haut en bas, mur par mur. Parfois je me suis permis de petites modifications, par soucis esthétiques (chromatiques notamment).

Somme toute, il reste encore 8 vies à l’exposition EX.PDF, 8 manières d’être présentées selon 8 regards de commissaires d’exposition dans 8 lieux.

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