TENNIS : Naomi Osaka smatche les injustices

Naomi Osaka, éminente joueuse de tennis japonaise et mondiale, devient de plus en plus un phénomène qui va bien au-dessus de la raquette. Coqueluche de nombreuses grandes marques en raison de sa multiethnicité, la sensationnelle japonaise a attiré l’attention au-delà de ses fans et du sport lorsqu’elle a commencé à s’exprimer sur les problèmes rencontrés par la communauté noire en dénonçant l’injustice raciale et la brutalité policière. Elue sportive de l’année 2020 par Associated Press et par Sport Illustrated, une distinction qui récompense à la fois ses résultats sportifs, mais aussi dans son engagement sociétal, notamment en faveur de l’injustice. 

Photos : Susa/Icon Sport/REX/Sipa/Airbnb/Annie Leibovitz/Hirofumi Yamamoto/Reuters/GettyImages/Naomiosaka/AP

Championne de tennis, Naomi Osaka a été élue athlète féminine de l’année 2020 aux USA et figure parmi les athlètes les plus influentes du monde. Un plébiscite pour la jeune joueuse japonaise aussi remarquable pour son activisme loin des courts de tennis que pour ses succès en grand chelem. Confinée durant une bonne partie de l’année comme tous les sportifs, Naomi en a profité pour prendre le temps de lire et de réfléchir sur sa vie de star. La pandémie lui a sans doute dressé le tableau d’un monde réel en mettant en exergue les vrais problèmes de la société actuelle.
„C’était difficile d’être isolée de ma famille pendant une grande partie de l’année, mais ce n’est rien comparé aux autres. C’était triste aussi de regarder et de lire les nouvelles des personnes souffrant de COVID-19, et l’effet économique et social sur tant de personnes, de la perte d’emploi,  de la santé mentale… Ce fut une année si difficile pour tant de gens „, raconte Naomi Osaka
La période déterminante de l’année 2020 pour la joueuse fut concentrée sur deux mois, août et septembre, lorsqu’elle a compilé une séquence de 11 victoires consécutives dont celle à l’US Open. Un été où Naomi Osaka issue d’un père haïtien et d’une mère japonaise est devenue un protagoniste du mouvement antiraciste Black Lives Matter. 

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Un choix qui conduit la japonaise à refuser sa participation à la demi-finale du tournoi de Cincinnati en guise de protestation suite à l’embuscade policière contre l’afro-américain Jacob Blake tué aux États-Unis. Elle rejoindra plusieurs athlètes de la NBA déjà mobilisés. Une décision qui a généré de nombreuses controverses, mais en pleine tension raciale, ce fut le moment opportun de prendre la parole pour la jeune Naomi. Suivant son exemple, ce tournoi s’est complètement arrêté durant toute une journée. Son activisme a mis en lumière la façon dont les sportifs peuvent avoir un impact. Son aura de joueuse de tennis phénoménale lui donne la possibilité d’utiliser ses prédispositions pour quelque chose de plus grand que le jeu ou qu’elle-même.

7 masques en hommage

A l’US Open, Naomi Osaka a attiré l’attention sur les victimes noires de violences policières en arrivant sur les courts pour des matches avec des masques portant les noms de George Floyd, Breonna Taylor, Tamir Rice, Elijah McClain, Trayvon Martin, Ahmaud Arbery et Philando Castile. En portant ces 7 masques dont un nouveau à chaque tour, chacun honorant une victime noire de la violence policière ou d’une attaque raciste, elle a fait mouche auprès du public.

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Selon la légendaire joueuse Martina Navratilova : „Naomi a fait une déclaration extrêmement puissante, chaque fois qu’elle sortait pour jouer, les gens parlaient du nom qui allait figurer sur le masque“.
A 23 ans, elle est désormais la star la plus vocale du monde du tennis en matière de justice sociale. „Pour être honnête, je ne sais pas vraiment ce que les gens pensent de mes actions, j’ai toujours grandi avec un peu plus d’héritage et de culture japonaise, mais je suis noire et je vis en Amérique, et personnellement, je ne pensais pas que c’était trop tiré par les cheveux quand j’ai commencé à parler de choses qui se passaient ici. Il se passe des choses qui me font vraiment peur.“ dit-elle.


En ce qui concerne 2021, Naomi Osaka a énuméré ces objectifs: „travailler dur, faire mieux, parler, être gentille.“ Le Japon, sa terre natale, va accueillir prochainement les Jeux olympiques, et elle ne boude pas son plaisir d’y participer l’été prochain : „C’est un sentiment très spécial d’avoir pour but les Jeux olympiques en tant que représentante du Japon, je pense que jouer avec la fierté d’un pays me fera ressentir encore plus d’émotion“.  Elle rajoute : „C’est un pays spécial et magnifique rempli de culture, d’histoire et de beauté. Je ne peux pas être plus excitée.“ 
Naomi Osaka est née au Japon, le pays qu’elle représente, mais a grandi aux États-Unis. Certaines personnes veulent qu’elle embrasse une seule identité, ce que conçoit la jeune athlète soucieuse d’être elle-même. Exit la nationalité américaine, elle choisi le Japon pour représenter son sport sans pour autant renier son pays d’adoption plus globalisé et multiculturel.

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L’ex et sans doute future numéro un jouera donc son pays un rôle nouveau et sans précédent. La triple gagnante de tournois du Grand Chelem et actuelle n°3 mondiale sera aussi la principale vedette d’un manga appelée Unrivaled Naomi Tenka-ichi. Une série d’histoires ayant pour cible les adolescentes japonaises, conçue avec précision sous la supervision de sa sœur aînée Mari Osaka et disponible dans son pays.
Les premiers jets seront publiés dès février dans le mensuel Nakayosi, un magazine destiné au genre de Manga connu sous le nom de Shojo et destiné à un public jeune et majoritairement féminin. La série sera dessinée sous le pseudonyme Futago Kamikita.
„C’est très excitant pour ma sœur et moi, car nous lisons et regardons des mangas depuis que nous sommes petites et c’est quelque chose qui nous maintient vraiment ensemble „, se réjouit Naomi Osaka.

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