MOTOGP GRAND-PRIX DU PORTUGAL : Miguel Oliveira sur le toboggan de la victoire…

Miguel Oliveira (KTM) a produit une performance de première classe pour assurer une victoire écrasante à domicile lors du Grand-Prix du Portugal, ultime épreuve du calendrier MotoGP 2020. Passé d’une star sportive portugaise à un véritable Dieu après cette victoire, il va sans dire que ce fut une excellente deuxième saison pour le pilote d’Almeda qui intégrera l’an prochain l’équipe d’usine KTM au coté du sud-africain Brad Binder

Le local Miguel Oliveira (KTM) a conclu la toute première course MotoGP sur le superbe circuit de Portimaõ avec une démonstration écrasante sur toute la concurrence. Un deuxième succès cette saison pour lui et l’équipe Tech3 qui à l’opposé de sa première victoire choc en Autriche au Grand-Prix de Styrie, dans une course qu’il a mené juste 100 mètres jusqu’au drapeau à damiers. Cette fois, le pilote portugais a été si dominant dans son succès du départ à l’arrivée qu’il fut un simple point à l’horizon pour tous ses poursuivants. Déjà impressionnant tout le week-end lors des qualifications, il s’est offert sa première pole position en carrière samedi et ce à la maison.

Photos: MotoGP/Khalad/Michelin

Miguel Oliveira bien armé, est resté très inspiré malgré l’absence de son public du fait des conditions sanitaires. Il est allé bien au-delà de toutes les attentes ce dimanche, ne laissant transparaitre aucune nervosité ni même un soupçon de pression portant légitime dans son jardin. Avec un superbe départ de la ligne avant de montrer une vitesse extraordinaire pour laisser tous ses rivaux derrière sans munitions, il multiplie d’emblée son avantage jusqu’à 0,5 s au tour lors des premiers tours. Le pilote KTM avec des chronos époustouflants, se construit une marge de plus de deux secondes au 4e tour avant de la gonfler à plus de 4 secondes au 10e tour.  Il parvient même à stabiliser cet avantage jusqu’au drapeau à damiers pour remporter une 2e victoire pour lui-même et son équipe Tech 3 KTM d’une manière assez différente de sa première victoire en Autriche. Seul point négatif pour lui:  des tribunes vides, quand on connaît la ferveur du public portugais…
La lutte pour la place de dauphin fut en fait le miroir captivant du week-end dernier à Valence entre Franco Morbidelli (Yamaha Petronas) et Jack Miller (Ducati Pramac). N’ayant même pas la possibilité de faire pression sur Miguel Oliveira alors qu’il disparaissait au loin, ces deux pilotes se sont battus jusqu’au dernier tour. Cette fois, les montagnes russes du circuit de Portimaõ ont réussi au pilote australien. Ce dernier a cette fois pris une option décisive sur son rival avec un «blockpass» parfaitement exécuté dans le virage 9.

Photos: MotoGP/Khalad/Michelin

Pol Espargaro (KTM) portant à l’aise ici, s’est retrouvé embourbé dans le peloton au départ sur un circuit difficile où les batailles groupées peuvent faire perdre beaucoup de temps. Une fois libre, le catalan a pu obtenir un autre résultat solide en finissant au pied du podium, une sorte de chant du cygne pour conclure l‘année en tant que pilote KTM le mieux placé du constructeur malgré les 3 victoires de ses coéquipiers.

Déroute des Suzuki

Premier pilote Honda, le japonais Takaaki Nakagami (Honda), auteur d’une belle remontée, est arrivé en force mais trop tardivement pour rattraper Pol Espargaro, il se contente cependant d’une 5e place méritée devant Andrea Dovizioso (Ducati). L’italien parvient à décrocher enfin une bonne place avant de tirer sa révérence pour un congé sabbatique. Remplaçant de Marc Marquez, le pilote allemand Stefan Bradl (Honda) confirme son beau week-end portugais concluant l’épreuve avec son meilleur résultat depuis 2014, 7e.
Aleix Espargaro (Aprilia), seul pilote à avoir pu découvrir la piste de l’Algarve avec son Aprilia de course en octobre a repris des positions tardivement pour s’adjuger une magnifique 8e place au terme de la course devant Alex Marquez (Honda). Johann Zarco (Ducati Avintia) pourtant longtemps 5e a dégringolé et signe pour sa part une 10e place dans le sillage d’Alex Marquez. Plus loin, en dehors du top 10, les deux Yamaha officielles de Maverick Viñales et Valentino Rossi ont caractérisé la calamiteuse fin d’année du constructeur aux 3 diapasons avec un parcours anonyme qu’ils terminent respectivement au 11e et 12e rang. Une triste course pour le vétérinaire italien pour sa dernière apparition aux couleurs officielles Yamaha.

Photos: MotoGP/Khalad/Michelin

Cal Crutchlow (Honda LCR) pourtant très véloce ici, s’est retrouvé au cœur de l’action durant la première partie de la course, ensuite une erreur de freinage en bout de ligne droite le met hors de la piste. Le temps perdu dans l’incident est trop conséquent pour une remontée efficace dommage !!
Participant à sa première course en tant que champion du monde, ce fut un épilogue à oublier pour Joan Mir (Suzuki). Peu à son à son aise sur cette piste vallonnée, il s’est englué dans sa qualification (20e). Dans son envol du fond de la grille,  le majorquin tamponne au premier virage  Pecco Bagnaia (Ducati Pramac) avant de continuer sa course, mais quelques tours plus tard, il constate le comportement dangereux de sa Suzuki à la sortie d’une courbe à droite et rentre aux stands pour abandonner. Un retrait sans doute pour un problème technique sur sa machine. Son coéquipier Alex Rins (Suzuki) également en difficulté a glissé au classement alors que la course progressait pour terminer à la 15e place. Les Suzuki étonnamment médiocres sur ce tracé ont tout perdu à l’issue de ce week-end. Une contre-performance lourde de conséquence qui offre le titre constructeurs à Ducati. 

Photos: MotoGP/Khalad/Michelin

Miguel Oliveira

„C’était long! J’avais des émotions différentes que celles après le Grand-Prix de Styrie, parce qu’en Autriche, c’était un dépassement du dernier tour et j’étais là sur le podium, mais c’était différent , il y avait beaucoup d’adrénaline. Ici, il n’y a pas eu de bataille, j’ai commencé le premier et terminé le premier. Il  fallait gérer les émotions tout au long de la course.
Je ne voulais pas regarder le panneautage pendant les 3 premiers tours, je voulais juste faire mon rythme et mes lignes et essayer de voir si quelqu’un allait faire une fente à l’intérieur. J’ai déjà commencé sur un 1’40 „0s et je pensais que ce serait une bonne référence pour voir jusqu’où je pourrais aller, puis j’ai eu une avance de 1.5s et à partir de là, j’ai essayé de l’étendre petit à petit pour arriver dans les dix derniers tours avec un bon écart à gérer. 
C’est un championnat serré. Je pense que cette saison, nous avons vu un format de cours différent, mais aussi une compétitivité différente en termes de pilotes et d’équipes. Une usine et une équipe satellite peuvent gagner des courses et être sur le podium. 
Vous devez être à votre meilleur à chaque fois et je prédis que l’année prochaine, il sera encore plus difficile de se démarquer et d’être le leader, mais je peux me tromper… C’est juste mon hypothèse.“


Jack Miller

„Je voulais le doubler plus tôt dans la course. Je sentais que j’avais un meilleur rythme en fin de course, j’ai plutôt bien préservé le pneu arrière, surtout le sur le côté gauche. On a beaucoup de freinages sur l’angle ici donc parfois, on est piégé en revenant sur quelqu’un. À chaque fois que je revenais sur lui, je n’étais pas loin de le toucher à l’arrière et je devais sortir large. J’ai fait le yoyo en permanence. À 4 tours de la fin, je me suis dit que j’allais m’économiser pour le dernier tour. Il y avait du vent de face donc je n’avais pas un énorme avantage dans la ligne droite principale, mais j’ai quand même pu le faire. Au virage 14, j’ai dû utiliser toute la capacité de la Ducati  pour tourner serré, et il ne fallait absolument pas que j’ouvre la porte, parce que je savais que cette Yamaha plongerait à l’intérieur! J’ai pu le faire et je suis vraiment content de finir la saison comme ça et d’abord la saison prochaine sur une bonne note. 
Être sur le podium, c’est une belle façon de finir mon chapitre avec Pramac. J’ai beaucoup mûri comme pilote et comme homme au cours des 3 dernières années. J’apprécie vraiment tout ce que Paolo Campinoti et Francesco Guidotti ont fait pour moi, grâce aux leçons de vie qu’ils m’ont données, sur la piste et en dehors. C’est irremplaçable. Je m’en souviendrai toute ma vie. Je ne peux pas les remercier suffisamment, du fond de mon cœur. „

Franco Morbidelli

„Je suis plus heureux de la deuxième place au championnat que de la position perdue dans le dernier tour, Jack était très bon, très fort, particulièrement à la fin où il était plus fort que moi. Il a été malin et ne m’a pas donné la chance de répliquer alors vraiment, félicitations à lui et à Miguel, qui a été intouchable aujourd’hui. Pourtant, j’ai essayé au début pour voir si j’étais capable de rester proche de lui, mais ce n’était pas le cas et dès le début et j’ai assez vite réalisé que je n’étais pas en mesure de rester avec lui. Puis j’ai juste essayé de pousser à 200 % et de prendre beaucoup de risques malgré tout, car je souhaitais une arrivée sur le podium sur cette dernière course du championnat. Et finalement, j’y suis parvenu, alors vraiment félicitations à toute l’équipe et à Yamaha qui m‘a fourni un bon package… Même si je ne peux pas cacher que j’avais le sentiment d’être la quatrième force en début d’année. Nous avons été en mesure d’exploiter le meilleur de ce que nous avions et finalement, dans l’ensemble, nous en sommes très bien sortis et avons fait un très bon travail. Il s’agit clairement d’une année dont je me souviendrai et au cours de laquelle j’ai vu que le travail paie. J’ai beaucoup travaillé alors je suis vraiment heureux maintenant de pouvoir me relaxer, profiter et bien me préparer pour l’année prochaine. „

Photos: MotoGP/Khalad/Michelin

 

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