FASHIONWEEK HAUTE-COUTURE DE PARIS DÉFILÉ CHANEL : l’essence de Chanel

Un Grand Palais revisité en superbe jardin de l’abbaye d’Aubazine, lieu chargé d’histoire ou Gabrielle Coco Chanel a puisait son inspiration dès son plus jeune âge. Les codes de la grande maison sont issus de ce cloître corrézien à l’instar du logo signature de Chanel. Un lieu important pour la marque que Virginie Viard met en exergue pour ce défilé haute couture.
Un an, après avoir remplacé Karl Lagerfeld à la tête de Chanel, Virginie Viard commence à imposer sa pâte. La disparition du pape de la mode a inévitablement éclipsé les premières collections Chanel de la directrice artistique, donc ses sorties ont jusqu’à présent été définies par l’absence de Karl Lagerfeld : le premier défilé prêt-à-porter, le premier défilé haute-couture, la première croisière ainsi que les défilés Métiers d’art sans le Kaiser étaient tous en rapport avec ce dernier. Sans pour autant oublier définitivement le maître incontesté de la marque aux deux anneaux, Virginie Viard propose désormais ses propres idées avec ses talents de créatrice.

Photos: Jamie Stoker/Bertrand Rindoff Petroff/Chanel/AFP/Imaxtree/Abaca

Ayant été la bras droit de Karl Lagerfeld durant pendant 36 ans, elle était logiquement la candidate de la continuité de Chanel. Mais cette fois, elle fait pivoter la marque loin de son héritage pour revenir aux racines, reconnectant même la maison à la vie et au travail de Gabrielle Coco Chanel. Pour ce défilé haute-couture, printemps/été, Virginie Viard a recréé le jardin du cloître de l’abbaye d’Aubazine en Corrèze, l’orphelinat où Coco Chanel enfant y a séjourné 6 ans après le décès de sa mère. Lors d’une récente visite à l’abbaye Aubazine, elle a flashé surtout sur le jardin du cloître et son aspect non cultivé. Paradoxalement, Karl Lagerfeld n’aurait pas eu le même regard, lui qui aimait le grand geste, une différence de goût à la fois plus simple et plus dépouillé que Virginie Viard assume totalement. C’est un endroit ensoleillé qui lui inspire un été au parfum floral. C’est la troisième fois que Virginie Viard évoque Coco Chanel à la maison, après les remakes précédents liés a ses appartements privés de la rue Cambon. Mais contrairement aux décors glamour de Coco Chanel, celui-ci est remarquable pour son austérité. La plantation qui s’étend sur la majeure partie du sol du Grand Palais n’est pas entretenue. Des fleurs sur pattes tombent sur les chemins de briques, tandis que les vrilles trouvent leur chemin au hasard autour de simples treillis en bâton. L’espace d’exposition ést ouvert de tous les côtés, dont tous les bords sont délimités uniquement par des nappes brodées sur des lignes de blanchisserie : un clin d’œil aux compétences de couture que Coco Chanel a apprises des religieuses d’Aubazine.

Photos: Jamie Stoker/Bertrand Rindoff Petroff/Chanel/AFP/Imaxtree/Abaca

Les années couvent

La vision Chanel de Virginie Viard pour ce défilé haute couture sont les années que Coco Chanel a passées en tant que pauvre pensionnaire à Aubazine, plutôt que l’époque où elle l’a vécu dans des circonstances de guerre douteuses au Ritz. „J’ai aimé l’idée de la pensionnaire, de l’écolière, les tenues portées par les enfants depuis longtemps“, décrit Virginie Viard à propos de cette collection. Pour lancer le show, le mannequin américain Rebecca Longendyke qui est apparue dans une robe de mariée Chanel épurée à manches longues, boutonnée du col rond jusqu’à la taille, elle-même ceinturée d’une boucle argentée, le tout conjugué avec une paire de collants blancs, des chaussettes immaculées mi-mollet et une paire de slippers noires vernies. Par la suite, une succession de plus de 60 silhouettes aux accents monacaux et du XIXe siècle, parées des plus précieux tweeds et des plus fines broderies.

Photos: Jamie Stoker/Bertrand Rindoff Petroff/Chanel/AFP/Imaxtree/Abaca

Une certaine grâce austère est distillée dans les formes de tunique simples, les chemisiers à plis ainsi que les robes à ceinture. La plupart des tenues sont monochromes, de sorte que les modèles avec leurs séparations latérales soignées et leurs colliers Bertha amidonnés semblent tout juste sortis d’un film en noir et blanc. Loin des exagérations visuelles, comme l’a fait Karl Lagerfeld, mais il y avait de l’humour dans les rythmiques de ce classique de Chanel : une chaussure bicolore, des bottines blanches lacées de ruban noir, ou des pantoufles en velours noir portées avec de grosses chaussettes blanches. Pour parfaire l’ambiance haute couture, les détails sont mis en valeur. Des rubans en organza vichy sont tissés en chevrons et pour la nouvelle interprétation du tweed du soir, des pensées multicolores sont animées sur une robe en mousseline de soie bleue sans bretelles, sans oublier les boutons de bijoux sertis d’étoiles dessinés sur tous les vitraux de l’abbaye.

Photos: Jamie Stoker/Bertrand Rindoff Petroff/Chanel/AFP/Imaxtree/Abaca

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