FASHIONWEEK DE PARIS: DÉFILÉ AUTOMNE/HIVER 2019/2020 CHRISTIAN DIOR : À nous les petites anglaises !!

Christian Dior et Ken Russell – ce n’est pas un lien évident, mais c’est une photo en noir et blanc prise par le réalisateur anti-conformiste britannique, d’une Teddy Girl des années 1950, vêtue d’une veste „édouardienne“, dont s’est inspirée Maria Grazia Chiuri pour sa collection automne/hiver 2019.

C’est dans les murs du musée Rodin, autour d’un ensemble graphique astucieux présentant des images de modèles nus posés comme les lettres de l’alphabet de l’artiste italienne Bianca Menna que le défilé s’est tenu. Cette dernière, âgée de 87 ans, plus communément surnommée Tomaso Binga accompagné de deux mannequins en T-shirt sérigraphiés sur lesquels il est écrit „Sisterhood global“ et „Sisterhood is Powerful“ en hommage aux œuvres de la féministe américaine Robin Morgan, a ouvert le show Dior en lisant dans sa langue natale cette déclaration féministe : „En tant que femmes et féministes nous devons nous gérer nous-mêmes et cette révolte sera notre victoire silencieuse“

Photos: Jamie Stoker/Vincent Lappartient/Alessandro Lucioni/Gorunway.com/Getty images/Olivier Borde/ Bestimage/Imaxtree/AFP/Abaca

Étonnant est de voir nombre de designers encore fascinés par la culture britannique. Pour une italienne comme Maria Grazia Chiuri, directrice de la création chez Dior, les Teddy Boys et les Teddy boys Girls sont surtout une communauté excentrique et lointaine, Ken Russell encore plus. La créatrice s’intéresse plus à l’exposition Dior du Victoria & Albert Muséum de Londres, qui diffère considérablement de celle de Paris. La rébellion des années 50 en Grande-Bretagne a permis au couturier Christian Dior de se démocratiser dans les classes ouvrières. Comme sa clientèle fut aussi issue de cette classe, Christian Dior ne pourrait pas être plus bourgeois, pourtant, il y avait un vrai lien. Bizarrement, cette veste d’époque „édouardienne“ figurant sur la photo de Ken Russell est remarquablement similaire à la célèbre veste Bar pincée de Christian Dior. Avec une conception de blazer sur-mesure associée au denim, la veste qui a émergé des ateliers Dior sous sa direction était bien plus douce, mais toujours aussi profilée. Elle fut très prisée par des femmes plus jeunes aussi enthousiastes que des femmes plus âgées. Succès oblige, il existait même à l’époque des listes d’attente pour les Dior’s Bar Jackets ou Teddy.

Photos: Jamie Stoker/Vincent Lappartient/Alessandro Lucioni/Gorunway.com/Getty images/Olivier Borde/ Bestimage/Imaxtree/AFP/Abaca

British connection

Maria Grazia Chiuri aime fouiller dans les archives de Dior afin de dépoussiérer ses emblèmes de signature et de les rendre pertinents et attirants chaque saison. La maison Dior compte une demi-douzaine d’emblèmes ou de codes à reprendre et à chaque fois, Maria réussit son pari dans ses collections. Pour celle d’automne/hiver 2019/2020, la veste Bar emblématique en tweed élégant se décline dans des cuirs brillants et en soies « techniques » (mix de viscose et de stretch) avec un pied-de-poule minuscule gonflé dans des carreaux de tartan. On retrouve également des manteaux de pluie en coton waterproof thermocollés de toile Oblique, des parkas dans un nylon technique à enfiler sur des pantacourts en soie laquée et gaufrée. Les pantalons et les vestes qui autrefois ressemblaient davantage à ceux que portaient les ouvrières que ceux des dames de haute société qui prenaient leur thé se targuent désormais de mettre en valeur leur somptueux cachemire. Le matelassage a été mis à profit pour des manteaux surdimensionnés avec des manches, cintrés avec une ceinture brillante – une pièce de superposition utile qui montre à quel point la créatrice est réaliste. Par ailleurs, clin d’œil aux liens que Christian Dior avait noué avec la Grande-Bretagne, dont une prestigieuse cliente issue du royaume avait porté en 1951 une robe Dior à l’occasion de son 21e anniversaire, les jupes en tulle et les élégantes vestes en tweed sont légions dans ce défilé. Devenue un autre code de la maison, la jupe en tulle apparaît brodée et ornée de bijoux. Pour les chaussures, les belles bottines pointues en tartan doublées d’une chaussette épaisse et des sling backs noires et blanches à bouts fleuris, vissées sur un petit talon sont du plus bel effet. Les chapeaux bucket dont les imprimés à carreaux accentuent la tendance british aux allures rétros pour cette collection. Ce défilé d’une allure très couture est une vraie parade de looks cintrés à la taille apportant féminité et élégance dans une palette principalement composée de noir, de blanc et de rouge. Les filles défilent avec des chapeaux habillés d’une voilette et des lunettes de soleil en yeux de chat. Certaines sont vêtues de longues jupes ouvertes en toile de jouy aux motifs tropicaux, d’autres de jupes plissées en denim, en résille ou transparentes et brodées. La taille est toujours bien marquée par des ceintures ou des corsets de jour avec des T-shirt, histoire de dédramatiser le look.

Toujours très people, les défilés Christian Dior ont toujours leur parterre de stars venus admirer les nouvelles tendances de la maison française. Les vedettes trustent le premier rang, de l’actrice Jennifer Lawrence, aux modèles Karlie Kloss, Natalia Vodianova et Cara Delevingne en passant par la militante des droits de l’homme nicaraguayenne Bianca Jagger entres autres, toutes ont été émerveillées par ce show féministe.

Photos: Jamie Stoker/Vincent Lappartient/Alessandro Lucioni/Gorunway.com/Getty images/Olivier Borde/ Bestimage/Imaxtree/AFP/Abaca

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