CHAMPIONNAT DU MONDE WRC 2020 RALLYE D’ESTONIE : Home sweet home

Pour la reprise du WRC, c’est Ott Tänak (Hyundai) qui tire le premier. Vainqueur à domicile du Rallye d’Estonie, quatrième et nouvelle manche du Championnat du Monde WRC 2020, fortement revisitée en raison de la pandémie Covid-19. Le champion du monde empoche une première victoire avec Hyundai et devient le quatrième vainqueur différent en autant d’épreuves cette saison, puisque Thierry Neuville (Hyundai) s’était imposé au Monte-Carlo, Elfyn Evans (Toyota) en Suède et Sébastien Ogier (Toyota) au Mexique.

Cette victoire du pilote estonien et champion du monde sortant donne raison à Andrea Adamo (team manager Hyundai Motorsport), qui s’est battu pour arracher Ott Tänak à la maison Toyota après l’avoir courtisé toute la saison passée. Il peut désormais récolter les fruits de son choix, car désormais, la marque coréenne peut enfin bénéficier du bon package pour des rallyes spécifiques et rapides comme la Finlande ou équivalents. Ces dernières années, Hyundai a souvent eu des difficultés d’adaptation dans ce genre d’épreuves, mais grâce au développement aérodynamique de la voiture mais aussi au travail de Ott Tänak, la donne a changé comme le prouve cette belle victoire au rallye d’Estonie.

Photos: Redbull/Jaanus Ree/McKleinDatabase/Hyundai Motorsport/AFP

Craig Breen est encore l’autre pari gagnant d’Andrea Adamo, l’irlandais a été choisi par le team manager italien pour son expérience sur ces routes et a largement rempli son contrat offrant le doublé pour l’équipe d’Alzenau et de précieux points pour la marque au championnat. Alors que le rallye commençait tôt samedi matin, l’éphémère leader après la première épreuve spéciale Esapekka Lappi (Ford) a subi la loi de son jeune compatriote de chez Toyota  Kalle  Rovanperä lequel a donné un tempo impressionnant dès l’entame de la matinée. Le jeune pilote finlandais a ensuite rencontré des problèmes lors de l’étape suivante lorsqu’une crevaison à l’arrière droit lui fait perdre une bonne partie de sa carrosserie, faisant tomber plusieurs d’importants panneaux aérodynamiques de la voiture. Un incident qui le ramène à la 8e place et qui donne l’avantage aux hommes de Hyundai à l’affût. Devant un public masqué et extrêmement passionné Ott Tänak (Hyundai) a livré une performance scintillante pour prendre la tête du rallye à la fin de la 3e spéciale devant ses coéquipiers Craig Breen et Thierry Neuville respectivement 2e et 3e. Derrière cette brochette coréenne, les quatre pilotes Toyota suivent le spectacle et tentent de recoller tant bien que mal au trio de tête. Le français Sébastien Ogier (Toyota) remportant une victoire dans la 5e spéciale pour devancer ses coéquipiers Elfyn Evans, l’impressionnant japonais Takamoto Katsuta et un Kalle Rovanperä, en quête de remontada. Après la pause, l’ordre de départ est différent et Sébastien Ogier (Toyota) n’est plus affublé de sa position de départ et de „balayeur“. Le résultat se fait immédiatement sentir avec un meilleur temps dans la 7e spéciale. Mais par la suite, comme pour le gallois Elfyn Evans (Toyota), les problèmes de pneumatiques s’accumulent. Un désastre a cependant frappé la troisième Hyundai de Thierry Neuville, le pilote belge a commencé à se rapprocher de son coéquipier intérimaire Craig Breen ((Hyundai) mais dans la 7e spéciale, sa voiture sort trop large et a tape violemment. Le coin arrière droit de sa i20 est détruit,  le forçant irrémédiablement à abandonner.

Photos: Redbull/Jaanus Ree/McKleinDatabase/Hyundai Motorsport/AFP

En revanche, Ott Tänak (Hyundai), dans une forme impérieuse caracole en tête malgré les superbes prestations de Craig Breen (Hyundai) dans les 9e et 10e spéciale. Les écarts avec les Toyota commencent à peser sur la course et obligent les pilotes de la marque japonaise à « surforcer » l’allure en poursuite. Tirer l’avantage de rouler sur ses terres pour se relancer au championnat du monde, Ott Tänak (Hyundai) a exécuté samedi la première partie de son plan élaboré avant cette 4e manche. Le local de l’étape a pris les commandes lors de la 3e spéciale, pour compter en fin de journée 11″70 d’avance sur son coéquipier irlandais Craig Breen, et près de 30″ sur le français Sébastien Ogier (Toyota). Loin d’être une surprise, dans cette épreuve disputée jusqu’alors dans le championnat local, le pilote estonien s’y est imposé à trois reprises en 2014, 2018 et 2019. 

Ott Tänak prophète en son pays

Dimanche, le sextuple champion du monde, Sébastien Ogier (Toyota) se retrouve dans une position favorable, il lui faudra tout de même contenir les assauts de ses coéquipiers, Kalle Rovanperä pointant seulement à 6″20 de lui et Elfyn Evans à 8″10. Pour le belge Thierry Neuville (Hyundai) vice champion sortant, il sera d’attaque en Rallye 2 comme le prévoit le règlement, pour tenter de limiter la casse en prenant des points dans la Power Stage, 17e et ultime spéciale des 232,64 kms chronométrés de ce week-end estonien. À noter enfin la belle 6e place du japonais Takamoto Katsuta (Toyota) et aussi la 9e place provisoire du français Pierre-Louis Loubet (Hyundai) qui fait ses débuts dans l’élite, après avoir remporté le titre en WRC2, la catégorie inférieure, l’an dernier. Frustré après sa pénalité d’une minute la veille, Kalle Rovanperä (Toyota) signe un nouveau temps scratch, les Toyota font le forcing mais Ott Tänak (Hyundai) reste placide et gère parfaitement son avance sur son coéquipier Craig Breen (Hyundai). Par ailleurs, ce dimanche est fatal à deux équipages méritants et bien placés. Peu chanceux dans la 13e spéciale, le français Pierre-Louis Loubet (Hyundai) a tapé un rocher à faible allure détruisant son train avant droit tandis que le Japonais Takamoto Katsuta (Toyota) est parti dans une série de tonneaux en fin de spéciale. Le pilote ainsi que son copilote Daniel Barritt sont indemnes, mais sa Yaris est détruite. Ces mésaventures profitent aux pilotes Ford M-Sport Espekka Lappi et Teemu Suninen, auteurs d’une prestation anonyme jusque là. Sébastien Ogier (Toyota) en verve ce dimanche signe les deux meilleurs chronos des 14e et 15e spéciales avant que le jeune Kalle Rovanperä (Toyota) remporte le dernier chrono avant la Power Stage. Troisième de cette 16e spéciale, le leader du rallye Ott Tänak (Hyundai) est passé très près de la correctionnelle et miraculeusement, il est resté sur ses roues. Les pilotes Ford échangent leurs positions suite au tête-à-queue d’Espekka Lappi. L’ultime spéciale ce ce rallye d’Estonie, faisant office de Power Stage, ne changera rien au classement final mais annihilera sans doute les chances de Thierry Neuville (Hyundai) pour sa quête de titre mondial. Le pilote belge a été perturbé par un problème technique durant toute la spéciale remporté haut la main par Kalle Rovanperä (Toyota) devant son coéquipier Elfyn Evans (Toyota).  L’Estonien Ott Tanak (Hyundai) a remporté ce dimanche „son“ Rallye d’Estonie, quatrième épreuve du Championnat du Monde des Rallyes.
Au classement du Championnat du Monde, Sébastien Ogier (Toyota) mène les débats avec 79 points, devant Elfyn Evans (Toyota) 70 points, Ott Tanak (Hyundai) 66 points. Kalle Rovanperä (Toyota) 55 points et Thierry Neuville (Hyundai) 42 points… Le pilote belge dégringole au classement au détriment de son coéquipier estonien qui se rapproche inexorablement de la tête.

 

 

 

Photos: Redbull/Jaanus Ree/McKleinDatabase/Hyundai Motorsport/AFP

WRC-2 Mads Ostberg en leader 

Dans cette catégorie, après une entame parfaite, le norvégien leader du classement, Mads Ostberg (Citroën) a perdu une demi-minute à cause d’une crevaison. Toutefois, ses adversaires n’ont pas été épargnés, Ole Christian Veiby (Hyundai) est sorti après avoir endommagé son moteur lors de l’un des sauts, tandis que Nikolai Gryazin (Hyundai) a été retardé également par des problèmes techniques. Cependant, Mads Ostberg remettait les pendules à l’heure et reprenait la tête avant de s’échapper. Pontus Tidemand (Skoda) est passé entre les gouttes, mais a subi la loi du russe Nikilai Gryazin revigoré et du français Adrien Fourmaux (Ford). Le leader du championnat accélérait encore le rythme le dimanche en remportant toutes les spéciales pour s’imposer avec 1’28“4 d’avance sur Adrien Fourmaux (Ford). Le jeune français auteur d’une course solide a bénéficier de la fâcheuse crevaison de Nikolay Gryazin (Hyundai) dans la PowerStage. Le pilote russe, très performant ici est déçu et perd plus de 3 mn après sa mésaventure pour chuter en 5e place final. Pontus Tidemand (Skoda) s’empare de la dernière marche du podium devant Eyvind Brynildsen (Skoda).

WRC-3 La fusée Solberg

Intouchable et ultra rapide, le jeune Oliver Solberg (Volkswagen) confirme, malgré deux crevaisons le samedi matin. Il ne s’est pas désuni et à repris rapidement les rênes de la catégorie WRC3 ensuite pour ne plus les quittait plus jusqu’à l’arrivée. Une grosse performance pour le fils du champion du monde norvégien Peter Solberg qui termine cette épreuve à la 9e place et surtout 1e de toutes les R5 avec près de 40“ devant Mads Østberg (Citroën), victorieux en WRC2. Le russe Kajetan Kajetanowicz (Skoda Fabia) favori pour la place de dauphin fut piégé dans l’ultime spéciale et part en tonneaux laissant place vacante au finlandais Jari Huttunen (Hyundai) 2e devant le pilote local Egon Kaur (Škoda).

Photos: Redbull/Jaanus Ree/McKleinDatabase/Hyundai Motorsport/AFP

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