BASKET: „The Last Dance“ Michael Jordan: L’art de gagner sans concession

La domination des Chicago Bulls sur le championnat NBA dans les années 1990 est due en partie au talent d’un phénomène : Michael Jordan. Un virtuose du basket doté de qualités qui ont fait de lui une star incontestée et unique dans le sport. Jouant avec une élasticité exceptionnelle, un temps de suspension incroyable en offrant en plus des dunks improbables, Michael Jordan avec un ballon à la main est au-dessus de tout. Si l’athlète est parfait, l’homme est tout autre. Sous sa volonté de vaincre, se cache une personnalité complexe que le documentaire „The Last Dance“ explore remarquablement.
Comme le montre ce documentaire en 10 épisodes, Michael Jordan était tellement plus. Au-delà de ces performances fantasmagoriques, coupant les airs dans toutes les directions, il était aussi capable de choses scandaleuses sur le terrain. Il était également un tyran, une boule de démolition dont la seule motivation est d’être un „winner“ sous toutes ses formes, un homme atteint d’un paroxysme insupportable. En se mettant un tantinet à sa place, ce n’est pas évident d’échapper au sentiment d’être toujours au top et d’exploiter son talent sans contrepartie. Canaliser cette impulsion implacable pour être le meilleur fut un calvaire pour Michael Jordan tout au long de sa carrière.

Photos: NBA/Getty Images/Skysport/AFP/Eurosport/Reuters/WashingtonPost/FR

Une capacité de rebond

À plusieurs reprises, tout au long de sa carrière, MJ Jordan utilise intelligemment toutes les tactiques avec son statut comme motivation pour effacer tout devant lui. Par exemple, il n’a pas supporté la comparaison avec l’aérien Clyde Drexler et il prit un malin plaisir de détruire sans ménagement l’équipe de ce dernier – Les Portland Trail Blazers -,lors de la finale 1992. Détestant les comparaisons MJ est intraitable. Pas vraiment populaire auprès de ses coéquipiers, cela nous rappelle aussi à quel point sa personnalité était magnétique, charismatique. Le culte Jordan a rapidement grandi autour de lui. Son coté drôle et facétieux lui vaut à plusieurs reprises de faire des bêtises dans la pratique, plaisanter avec la presse, ou sur le jet privé des Bulls, gros cigare dans la bouche taquinant doucement son entourage. Durant l’été 1995, alors qu’il se préparait pour une saison complète après sa première retraite, MJ est engagé pour tourner le film „Space Jam“. Pour ne pas gâcher son retour, il demande à Warner Brothers de lui construire toute une installation afin de pouvoir s’entraîner pendant le tournage, et le studio s’est dûment conformé en créant le „Jordan Dome“, un terrain de Basketball intérieur et un gymnase d’entraînement sur-mesure pour le maître. Après chaque longue journée de tournage (12 h), il enchaîne trois heures d’entraînement. Les matchs qui ont suivi durant cette période font partie de la liste des meilleurs de la NBA. Une sacrée palette de fans et d’amis ont même fait le déplacement jusqu’à Los Angeles pour être proches de lui.

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Autres aspects évoqués dans cette série, le meurtre de son père et d’autres chapitres assez sombres de sa carrière, comme son addiction au jeu et son manque d’engagement dans la politique populaire. Des sujets traités avec sensibilité et subtilité par le réalisateur sans omettre les questions fâcheuses. Le caractère apolitique est flagrant chez Michael Jordan, en citant après son refus d’appuyer le démocrate de Caroline du Nord Harvey Gantt dans sa course au Sénat de 1990 face au sulfureux et raciste Jesse Helms : „Les républicains achètent aussi des baskets“. Une différence qu’il revendique et qui n’a jamais nuit à son image. Il a surtout évité tout ce qui pourrait altérer son énorme base de fans de tous horizons politiques. Tout le contraire aujourd’hui de la star actuelle LeBron James, lequel est pleinement engagé dans son rôle de personnage public en prenant des positions sur les questions politiques.

Culture de la gagne

Pour MJ, les priorités se situent ailleurs: gagner de l’argent, et surtout gagner. Cette concentration sur l’argent et les discussions sur le terrain ont fait de Michael Jordan l’archétype de l’athlète moderne. Il est devenu une entreprise à lui tout seul et un modèle pour les générations d’icônes sportives suivantes. Les endossements, les lignes de vêtements, les liens culturels et les spots médiatiques sont toujours soigneusement gérés. Une conservation de son image dans l’esprit de sa quintessence a été conçue, Gagner était le véritable objectif, et tout le reste devait le servir. La fureur écrasante qu’il consume au moment ou il intervient est tellement sublimé qu’elle balaie toutes les différences politiques, raciales ou économiques.
Des scènes émouvantes dans les épisodes sont légions comme celles qui montre Michael Jordan dans les moments qui ont suivi ses premiers et quatrièmes titres. Une dans le vestiaire accompagné par son père en 1991, le visage appuyé sur un trophée, pleurant pour évacuer son premier titre, une autre cinq années plus tard, le titre de son retour aux affaires après une parenthèse Baseball de 18 mois, dans le vestiaire, ballon en main, laissant les larmes envahir son corps. Des moments sensibles dans le documentaire qui contrastent avec un athlète obnubilé par la rage de vaincre. Des mythes et des perceptions erronées ont tourbillonné autour de MJ tout au long de sa carrière: joueur trop personnel, égoïste et vénal. Avec ce film dirigé par Jason Hehir, les téléspectateurs sont littéralement transportés vers la façon dont tout a commencé: des racines de l’enfance de Michael Jordan aux circonstances désastreuses des Chicago Bulls avant l’arrivée de Michael Jordan et de la façon dont l’équipe a été constituée après cette recrue phare en 1984. Un pari judicieux sur un joueur incroyable, qui par la suite, à finalement mené une équipe au bord du gouffre au firmament du championnat NBA. Tout au long, de la série, les tensions et les conflits qui ont pimenté cette époque de règne sont très présents. Le résultat est l’une des séries sportives les plus fascinantes jamais produites. Une série documentaire épisodique complète à visionner sur la plateforme Netflix.

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Selon le réalisateur Jason Hehir. „Michael Jordan et les Bulls des années 90 n’étaient pas seulement des superstars sportives, ils étaient un phénomène mondial“. Il ajoute fièrement : „Faire“ The Last Dance “ fut une opportunité incroyable d’explorer l’impact extraordinaire d’un homme et d’une équipe. Pendant près de trois ans, avec mon équipe, nous avons cherché très loin pour présenter l’histoire définitive d’une dynastie qui a marqué l’ère basket de son empreinte et pour présenter ces héros sportifs comme des humains.“

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