500 MILES D’INDIANAPOLIS: Simon Pagenaud au firmament de la course automobile

Enfin un français s’asperge de lait sur la plus haute marche du prestigieux podium des 500 miles d’Indianapolis, du jamais vu en plus d’un siècle. Au terme d’un sprint haletant, Simon Pagenaud a eu le sang-froid d’un grand champion pour s’imposer et offrir à son illustre patron Roger Penske une 18e victoire en or massif. D’emblée, il avait annoncé la couleur, tout était écrit dans sa tête avec une telle conviction que rien ne pouvait l’arrêter dans sa quête d’un monument automobile qui le hante depuis bien trop longtemps.

C’est sous une belle journée ensoleillée que le pilote français Simon Pagenaud (Penske) a battu un ancien vainqueur Alexander Rossi (Andretti) dans un sprint époustouflant de 13 tours à l’arrivée. Un vrai plébiscite pour le tricolore, quoique un peu en délicatesse avec son team depuis plus d’un an, qui montre à tous qu’il revient sur le devant de la scène avec maestria. Souvent aux avant-postes des courses Indy ces derniers temps, avec une belle victoire deux semaines auparavant ici même dans  l’épreuve sur route, Simon Pagenaud offre sur un plateau le cadeau du 50e anniversaire de la première participation de l’écurie Penske aux 500 miles d’Indianapolis.

Matt Fraver/Shawn Gritzmacher/Jason Porter/Stepen King/Chris Owens/Mike Harding/D oug Mathews/James Black/Joe Skbinski/Shutterstock/AP/afp

Dans une année contractuelle, le français est arrivé sur le célèbre anneau Indy avec tous les atouts de son côté. Un travail minutieux effectué sur toute la ligne avec son team qui s’est soldé en préambule avec la pole-position, un premier exploit. Maîtrisant la course depuis le départ, Simon Pagenaud a trouvé le parfait équilibre pour cette épreuve avec une gestion millimétrée tour après tour des courbes compliqués de l’ovale de l’Indiana. Il a aussi parfaitement bien géré ses arrêts aux stands en se calant sur ses rivaux tout en sachant que le point faible de sa monoplace motorisée par Chevrolet serait la consommation. Le futur vainqueur a mené 116 de ses 200 tours tout en se frayant le chemin de la victoire avec dextérité en surveillant son plus grand rival du week-end auteur d’une course trop nerveuse en deuxième partie. En effet, le jeune californien de l’écurie Andretti Alexander Rossi a relativement été patient pendant toute la première moitié de la course sans perdre de vue le leadership, mais malheureusement un mauvais ravitaillement en carburant lui fait perdre son bonus et le relance seulement en…sixième position. Très nerveux dans sa remontée, il parvient à recoller, et même grâce à un accident emportant cinq voitures qui a généré un arrêt au drapeau rouge de 18 minutes, Alexander Rossi pouvait reprendre une fin de course en tant que leader. Mais le français en renard expérimenté ne panique pas et sait qu’il a les cartes en main pour la gagne. Les deux hommes se sont échangé la tête cinq fois au cours de la dernière ligne droite dans un mano à mano étouffant avant que le français ait le coup de reins fatidique de l’expérience dans le bon timing, juste sous le drapeau à damiers. Alexander Rossi s’incline a seulement 0,2086 seconde derrière. Le japonais Takuma Sato lauréat en 2017 termine sur le podium et le coéquipier de Simon Pagenaud et vainqueur sortant Will Power à son pied. En dépit de toute son histoire, Simon Pagenaud était peut-être le plus fier de voir à quel point ce triomphe fut révélateur de toute sa carrière.

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Un retour au premier plan plein de maîtrise

Une carrière fructueuse aux USA avec un titre de champion de Formule Alantic dès sa première saison outre-atlantique mais ralentie en 2006 par manque de sponsors qui le conduit à revenir dans l’hexagone. Mais le natif de Poitiers n’a jamais douté de lui-même, pourtant sa carrière bien remplie n’a pas été toute rose. Pas une fois, ni même quand il y près de 15 ans, sa vie de coureur était suspendue à un fil. Mais ce dur à cuire a persévéré, emprunté de l’argent pour rebondir et envisagé une deuxième chance plus productive dans le succès. Il s’engage quelques années plus tard, dans le championnat américain Le Mans Séries en remportant de nombreuses courses et le titre en 2010. Une opiniâtreté et des qualités de combattant et de vainqueur potentiel, le font repérer en IndyCar. Il commence dès 2011 l’aventure chez Schmidt Peterson Motorsports dans ce championnat atypique. En fin d’année, il signe avec Sam Schmidt Motorsports pour disputer tout le championnat IndyCar 2012 qu’il conclut en 5e place avec le titre de meilleur rookie. L’année suivante fut celle de ses premiers succès dans la discipline et en 2014, il surfe sur une belle régularité parsemé de victoires et de places d’honneur. Les grosses écuries IndyCar Séries le suivent et c’est le team légendaire de Roger Penske qui jette son dévolu sur le français âgé de 30 ans. Ce dernier se retrouve dans une équipe de champion avec des coéquipiers prestigieux comme Will Power, Hélio Castroneves et Juan Pablo Montoya qui sont respectivement 1er, 2e et 4e du championnat 2014. Une saison 2015 difficile pour le néo pilote du team qui se contentera que d’une pole-position et seulement deux podiums, tandis que ses trois coéquipiers luttent pour le titre jusqu’à la fin. Il finit cette saison loin, en 11e place. L’année suivante est d’un autre acabit avec des débuts remarqués et impressionnants en course et en qualifications. L’enchaînement de cette belle constance lui vaut trois victoires consécutives, à Long Beach, Barber et sur le circuit routier d’Indianapolis avec comme causalité, la tête du championnat. Fort d’une confortable avance d’environ 80 points à la mi-saison, il devient après l’été le premier Français champion IndyCar. En 2017, il termine vice-champion et en 2018, il clôt sa plus difficile saison en 6e place sans aucun succès. Du jamais-vu en trois ans chez Penske. Après cette saison compliquée, Simon Pagenaud se distingue en début de saison avant de décrocher le Graal.

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„C’est un rêve devenu réalité, le travail d’une vie“ s’exclame le vainqueur français en ajoutant „Maintenant, j’arrive à un niveau de perfection qui se rapproche de ce que je peux atteindre sur un circuit routier  

„Quel gars, tu peux le croire?“ s’exclame Roger Penske. „Il a gagné Indy, je ne peux tout simplement pas y croire.“

„Rien d’autre ne compte que de gagner“, a déclaré Alexander Rossi dépité.

 

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